Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Festival Berlioz, pas si loin des cloches
samedi 24 août 2013 à 09h09

20ème Festival Berlioz à La Côte-Saint-André : première tentative, avec Béatrice et Bénédict, d'opéra mis en scène au théâtre éphémère (et couvert) du château Louis XI. Restaurant de plein air, public assez chic, atmosphère feutrée, assez éloignée des réjouissances telluriques de la fonte des cloches (voir ici). Mis en scène n'est pas vraiment le terme : mise en espace place plutôt par Lilo Baur, disciple de Peter Brook, de cet ouvrage comico-mélancolique fragmentairement inspiré de la comédie de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien. Choeurs enthousiastes, bons solistes emmenés par la mezzo Isabelle Druet (Béatrice), dispensés des dialogues parlés par un récitant dont la présence accentue l'aspect oratorio de l'ensemble. La vedette de la soirée, qui occupe l'essentiel du plateau, est le Jeune Orchestre européen Hector Berlioz, émanation de l'Académie du festival, et dirigé avec entrain par François-Xavier Roth. Pas mal vu : dans cet ovni scénique composé sur le tard, Berlioz dynamite une fois encore les codes de l'opéra, et se délecte à donner aux musiciens ce qui revient aux chanteurs (et vice-versa). L'après-midi dans l'austère église où a été baptisé Berlioz, début de l'intégrale en neuf concerts des Sonates pour piano de Beethoven, où François-Frédéric Guy fait mentir sa réputation de ne s'intéresser vraiment qu'aux oeuvres les plus ardues. Aux (encore) classiques trois premières Sonates, il confère désormais une dimension qui est la marque des très grands. Là aussi nous sommes loin de la fonte des cloches. Quoique...

François Lafon