Mercredi 22 janvier 2020
Concerts & dépendances
Esa-Pekka Salonen, un chef naturel
vendredi 10 juin 2011 à 10h01

Vedette en février de Présences, le festival de Radio France, Esa-Pekka Salonen revient au pupitre de l’Orchestre de Paris. Au programme : Debussy (La Mer), Ravel (Concerto en sol), Beethoven (7ème Symphonie). Standing ovation du public, mais aussi des musiciens, ce qui est plus rare. Pour lui, ils jouent comme ils ne le font pas toujours : bois à la fête dans Beethoven, cordes de velours dans Debussy. Fête aussi de voir Salonen diriger : économe de ses mouvements, directif mais pas trop, fascinant tel ou tel groupe du seul regard. La Mer est passée au scanner et miroite à l’infini : on comprend mieux sa réputation d’ « acte fondateur de la musique du XXème siècle ». Délices aussi dans Ravel - rythmes jazzy de l’Allegramente et grand souffle de l’Adagio -, avec l’original David Fray au piano. Grand style chez Beethoven : rien à voir, en janvier dernier à Pleyel, avec cette même 7ème hollywoodisée par Gustavo Dudamel, successeur de Salonen à Los Angeles. « Il a l’air naturel, ce chef », entend-on à la sortie. Le plus juste compliment qu’on puisse lui faire.

François Lafon

 Salle Pleyel, Paris, 8 et 9 juin.