Jeudi 23 mai 2019
Concerts & dépendances
Enescu avec Enesco : festival en apothéose (3)
mercredi 5 octobre 2011 à 10h07

Enesco a entrepris neuf symphonies, dont quatre « d’école » et les deux dernières inachevées : trois « officielles », donc. Gergiev dirigea « à la russe » la Symphonie n°3 opus 21 (1918), vaste fresque aux références « dantesques » pour piano, célesta, harmonium, chœur et orchestre. Uniquement instrumentale, la granitique Symphonie n°2 opus 17 (1914) se meut parfois dans l’ombre de Richard Strauss, notamment au début, mais sa rudesse est propre à Enesco. Kocsis, qui ne l’avait jamais abordée, la conduisit par cœur, suscitant un enthousiasme amplement mérité. Grand succès aussi pour Foster avec l’ambitieuse Suite pour orchestre n°3 « Villageoise » opus 27 (1938). Programmée par Rojdestvensky, la cantate Vox Maris opus 31 (1953) s’inscrit moins dans les mémoires que les trois autres partitions ci-dessus, qui comptent parmi les plus fortes du compositeur. Supprimé par le régime communiste en 1971, rétabli après la chute de Ceaucescu, le Festival Enescu a attiré cette année environ 16 000 touristes étrangers. Le Concours International qui lui est intégré n’a décerné de premier prix ni en piano ni en violon. Pour la première fois, il comprenait une section violoncelle : le lauréat, Tian Bonian, un Chinois, a interprété de façon mémorable le concerto de Dvorak.

Marc Vignal