Mercredi 22 janvier 2020
Concerts & dépendances
Enesco-Enescu : tout un festival (1)
vendredi 30 septembre 2011 à 15h52

Violoniste (un des plus fameux de son temps), pianiste, chef d’orchestre et pédagogue, George Enesco fut essentiellement compositeur, le plus éminent qu’ait produit la Roumanie. C’est ainsi que, depuis 1958, un Festival International, qui a lieu tous les deux ans, porte son nom. Considéré par Pablo Casals comme « le plus grand phénomène musical depuis Mozart », Enesco avait déjà donné à vingt ans plusieurs œuvres importantes, dont le Poème roumain opus 1 (1897) et l’Octuor à cordes opus 7 (1900). Seules ses deux Rhapsodies roumaines opus 11 (1901), et sans doute aussi sa splendide Sonate pour violon et piano n°3 « dans le caractère populaire roumain » opus 25 (écrite en 1926 alors qu’il a vingt-cinq ans), bénéficient d’une notoriété certaine. C’est regrettable. Son style musical est certes inhabituel, surtout du point de vue rythmique et polyphonique, mais se définit également par sa puissance et son pouvoir de suggestion. Son penchant pour l’autocritique limita sa production officielle, mais il composa sans relâche : sa testamentaire et complexe Symphonie de chambre opus 33 date de 1954, un an avant sa mort. De ce Français d’adoption, la partition majeure, l’opéra Œdipe, fut créée à Paris au Palais Garnier en 1936. Le vingtième Festival International George Enescu (Enesco est la francisation de son patronyme) s’est tenu du 1er au 25 septembre 2011 à Bucarest et dans sept autres villes roumaines : plus de 160 événements dont 90 concerts et spectacles, 100 solistes et 65 ensembles musicaux dont 31 orchestres et 3 corps de ballet. Y assister permet de saisir l’ampleur et la variété de la vie musicale dans ce pays.

Marc Vignal

(suite demain)