Mardi 27 octobre 2020
Concerts & dépendances
Deauville au tournant du siècle
samedi 4 mai 2019 à 19h56
Raretés vocales et chefs-d’œuvre intemporels, l’édition du 23ème Festival de Pâques de Deauville offrait à nouveau son lot de surprises, d’autant plus qu’on nous promet très prochainement la retransmission intégrale des concerts sur le site www.music.aquarelle et que, depuis plusieurs années, certains d’entre eux font l’objet d’éditions discographiques sur le label B Records.
L’avant-dernière manifestation rassemblait Lekeu, Chausson, Ravel et Debussy, avec notamment un arrangement de l’Adagio du premier – commande du Festival –, sous la forme d’un septuor à cordes, par Julien Giraudet, ancien élève de Thierry Escaich. Pour l’occasion, au jeune Quatuor Hanson s’ajoutaient l’altiste Raphaël Pagnon, le violoncelliste Adrien Bellom et le contrebassiste Simon Giudicelli. Plus qu’un banal arrangement, il fallait apprécier dans cette nouvelle version non pas une extension quelque peu sentimentale et ronflante des cordes, mais un rééquilibre des forces, entre les violons s’élançant vers le firmament des notes aiguës et les nuages sombres émergeant des deux violoncelles coiffés de la contrebasse… Julien Giraudet, un nom à retenir ! Le pianiste Théo Fouchenneret, 1er prix au Concours international de Genève, en 2018, s’illustrait dans les plutôt méconnues Quelques danses pour piano, op. 26, de Chausson, dont il faisait ressortir l’esprit tempétueux. En revanche, il manquait à la mezzo Ambroisine Bré une certaine ampleur vocale pour restituer la sombre Chanson perpétuelle du même Chausson (pour voix, quatuor à cordes et piano) – à moins que la Salle Élie de Brignac ne soit pas l’écrin le plus adéquat pour son timbre ? Plus investie dans Chansons Madécasses de Ravel, elle portait haut et fort son célèbre et terrible refrain « Méfiez-vous des blancs, habitants du rivage ! ». Pour mezzo, flûte (Mathilde Caldérini), violoncelle (Adrien Bellom) et piano (Pierre Fouchenneret), ce triptyque tapageur du Ravel des années vingt frappe encore comme un coup de poing avec des interprètes aussi zélés. Conclusion majestueuse avec le Quatuor de Debussy par « les » Hanson, qui n’hésitent pas à y imprimer leur marque – un je ne sais quoi d’encore plus chaloupé et dégingandé –, avec un troisième mouvement plutôt osé, investi d’une tendresse inouïe, à la fois élevée, languide et cristalline, avant l’emportement passionné du 4ème et dernier mouvement. Magique Hanson !           
Franck Mallet

3 mai, Salle Élie de Brignac, Deauville (Photo © DR)
 

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