Mardi 21 mai 2019
Concerts & dépendances
Deauville 2 : Fauré des halles de Deauville
mercredi 2 mai 2018 à 22h16
Dimanche, pour son dernier week-end, le Festival de Pâques retrouve les poulains de la Fondation Singer-Polignac pour un concert Brahms et Fauré à partir du noyau du Quatuor Strada, constitué de Pierre Fouchenneret, 1er violon (photo), Lise Berthaud (alto) et François Salque (violoncelle). Rejoint par Shuichi Okada, second violon et Adrien Boisseau, second alto, l’ensemble aborde Brahms – Quintette à cordes en fa mineur, op. 88 – avec sérénité et passion. Les tempi sont vifs, au point que le premier mouvement déboule « à l’arraché ». Rivé à sa chaise, Pierre Fouchenneret entraîne ses compagnons qui le regardent, surpris, et le suivent, enhardis du même enthousiasme. Ce n’est certes pas un Brahms mièvre ou doloriste qu’ils jouent, ce soir-là. Un premier volume d’une intégrale de sa musique de chambre enregistrée live lors du Festival (Quatuors pour piano et cordes, avec Éric Le Sage) devrait d’ailleurs sortir prochainement ; gageons que cette interprétation flamboyante la rejoigne (B Records). En seconde partie, le Quatuor pour piano et cordes n° 2 en sol mineur, op. 45 de Fauré enflamme le public. Avec Ismaël Margain au piano, la partition propulse les cordes dans un tourbillon frénétique : les coloris savoureux de Fauré défilent comme dans un paysage gonflé par le vent : du rythme et du chant à n’en plus finir, que chacun souligne avec une grâce exceptionnelle. Ici, le piano de Margain s’emballe – 2ème mouvement –, tandis que là – 3ème mouvement –, les cordes vibrent l’une après l’autre. Avec un dernier mouvement si étonnamment agité – au point que l’élève Ravel s’en souviendra pour son propre Quatuor à cordes –, les quatre musiciens obtinrent un succès mérité, et offrirent même en bis l’Adagio du Premier Quatuor pour piano et cordes, du même Fauré.
Franck Mallet
 
29 avril, Salle Élie de Brignac, Deauville (Photo © DR)