Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
David Violi et le salon rouge
mardi 14 mai 2013 à 00h21

Récital de David Violi, au Cercle suédois de Paris, dans la série Les Pianissimes. Grand salon rouge bondé, atmosphère étouffante. Les Pianissimes est une affaire qui marche : en ne programmant que de jeunes artistes, son animateur Olivier Bouley prend des risques, et ne se trompe pas beaucoup. David Violi, trente-deux ans, connu pour sa collaboration avec le Quatuor Ardeo, n’a pas choisi la facilité : Déodat de Séverac et Mel Bonis en hors-d’œuvre, suivis de Debussy (Six Epigraphes Antiques) et Schumann (Kreisleriana). Pour les interprètes modernes habitués aux grandes salles, l’exercice est périlleux : son vite saturé interdisant les déchaînements, sièges qui grincent dès que l’attention se relâche. C’est justement ce qui arrive pendant les Debussy. La fausse antiquité (façon Pierre Louÿs) est bien là, et le mélange de distance et de fascination qui va avec, mais il manque la sensation que cette musique est phénoménale, qu’elle ne vient de rien et ne va nulle part. Les Kreisleriana aussi se heurtent aux murs, mais plus violemment. David Violi maîtrise les oeuvres, il lui reste à les laisser s’envoler. Le lieu, en fin de compte, n’y est pas pour grand-chose.

François Lafon