Vendredi 3 avril 2020
Concerts & dépendances
Concert à Bastille : le Boléro en prime
jeudi 24 mai 2012 à 01h05

A l’Opéra Bastille, concert de l’Orchestre de l’Opéra de Paris dirigé par Philippe Jordan. Le programme initialement prévu célébrait les beaux jours : Im Sommerwind de Webern, les Nuits d’été de Berlioz, Le Sacre du printemps de Stravinsky. Mais le projet d’un enregistrement live (Naïve) a déplacé le propos : c’est de danse qu’il est maintenant question, à travers des œuvres créées à Paris. Le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy remplace le poème symphonique de Webern, les Nuits d’été restent au programme, mais ne figureront pas sur le disque. Le public, hors sérail, plus jeune que d’habitude, applaudit Waltraud Meier entre chaque Nuit d’été : « Honte à vous ! », hurle du balcon une dame probablement très sérail. Jordan affine son style, battue souple, main de fer dans un gant de velours : Debussy et Berlioz (que la diva, retenant sa grande voix, chante dans un esprit « musique de chambre ») s’en portent bien, Le Sacre aussi, du coup plus félin que sauvage. « Et maintenant, un petit bis, annonce le chef : le Boléro de Ravel ». Orchestre déchaîné, standing ovation. Le voilà, le troisième volet du disque. A quoi tiennent les divines surprises...

François Lafon

Photo © DR