Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
Carré d'as pour Tannhäuser
vendredi 7 octobre 2011 à 10h13

Wagner à l’Opéra Bastille, avec la reprise de Tannhäuser dans la mise en scène de Robert Carsen. A la première, en 2007, grève des techniciens. Au milieu du plateau vide, une harpe ; chanteurs en costume de tous les jours, atmosphère de répétition. Seiji Ozawa est au pupitre, Matthias Goerne est un grand Wolfram : on ne sort pas frustrés. Aujourd’hui, toujours des grèves. Tannhäuser est menacé, mais la première a lieu. Pas de décors, mais grand ballet de cimaises et de châssis : Tannhäuser est peintre (?), il est rejeté pour avoir puisé l’inspiration dans le cloaque de Vénus, son amoureuse Elisabeth est la seule à comprendre que l’Artiste a besoin du ciel et de l’enfer pour nourrir son imagination. Un subterfuge comme un autre pour gratter le vernis sulpicien de cet auto-plaidoyer du jeune Wagner en guerre contre les Pharisiens. Plateau de premier ordre, correctement dirigé par Mark Elder, avec cette fois le carré d’as Nina Stemme-Sophie Koch-Christopher Ventris-Stéphane Degout, et des chœurs revitaminés. On ne sort pas plus frustrés que la première fois, mais pas moins non plus. A un tel niveau vocal, la dramaturgie perd de son importance.

François Lafon

Opéra National de Paris Bastille, les 9, 12, 17, 20, 23, 26, 29 octobre Photo©Opéra de Paris