Vendredi 23 août 2019
Concerts & dépendances
Boulez sous la pyramide
mardi 20 décembre 2011 à 23h55

Sous la pyramide du Louvre, devant un parterre assis par terre, Pierre Boulez dirige Schoenberg et Bartok avec l’Orchestre de Paris. L’année dernière, c’était L’Oiseau de feu de Stravinsky : même public, plus jeune que celui de Pleyel, peut-être moins argenté (l’entrée est gratuite : deux heures de queue) mais non moins choisi. « Assis ! » entend-on alors que l’orchestre n’est pas encore placé. Le matin, sur une antenne de la radio nationale, Boulez affirmait qu’il comprenait très bien que l’on n’ait pas envie d’entrer dans une salle de concert. Il ne la joue pas cool pour autant. Salut bref et l’orchestre attaque. Nuances infinies dans La Nuit transfigurée (Schoenberg), rythme et couleurs en fête dans le Concerto pour orchestre (Bartok). Peu de déperdition sonore dans cette salle des pas perdus en verre et béton : orchestre en état de grâce et chef au zénith. Demain, même programme à Pleyel, avec en prime le 2ème Concerto pour piano de Bartok (soliste : Bertrand Chamayou). Ce soir, le timbre du piano et le postérieur des spectateurs n’y auraient pas résisté.

François Lafon

Photo © Olivier Debien