Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Bernard Haitink au milieu du gué
mardi 6 mars 2012 à 09h35

Dernier concert du cycle Beethoven commencé l’année dernière à Pleyel par Bernard Haitink avec le Chamber Orchestra of Europe. « J’ai atteint ce que je voulais : un son léger et transparent, dans un tempo vif », déclarait Haitink au Figaro en janvier 2011. « Diriger un orchestre symphonique, c’est un peu comme piloter un énorme paquebot. Pour tourner, il faut commencer à manœuvrer des kilomètres en avance. Le COE est au contraire extrêmement réactif. » Main droite imperturbable, main gauche économe, le vieux chef se fait sa musique intérieure. Dans la 1ère Symphonie, son d’ensemble terne, mais solistes impeccables. Dans la 9ème, manquent les grandes orgues des énormes paquebots haitinkiens, le Concertgebouw d’Amsterdam, la Staatskapelle de Dresde, le Symphonique de Chicago. Il y a vingt ans, avec le même Chamber Orchestra of Europe, Nikolaus Harnoncourt a déclenché une petite révolution dans l’interprétation beethovénienne. Haitink tient compte du message, mais reste au milieu du gué. Comme si l’Hymne à la Joie n’annonçait plus des lendemains qui chantent.

François Lafon