Samedi 15 août 2020
Concerts & dépendances
Baillot, la renaissance
jeudi 31 mai 2012 à 13h41

Avec Rodolphe Kreutzer (dédicataire d’une célèbre sonate) et Pierre Rode, Pierre Baillot (1771-1842) domina l’école française de violon au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Tous trois étaient élèves ou disciples de Viotti. Un des titres de gloire de Baillot fut d’avoir organisé à partir de 1814 des concerts de quatuors qui familiarisèrent les Parisiens avec Haydn, Mozart et Beethoven, mais aussi Boccherini et plus tard Cherubini. On pouvait s’attendre à ce qu’un nouveau quatuor prît enfin le nom de Baillot : c’est fait. Pour un de ses tout premiers concerts, cette jeune formation a joué, dans l’ordre, Boccherini (quatuor en si mineur opus 58 n°2 de 1799), Schubert (quatuor en mi bémol majeur D.87 de 1813) et Haydn (quatuor en sol majeur opus 33 n°5 de 1781). On ne peut que féliciter les membres du Quatuor Baillot d’avoir mis Haydn en fin de programme et non au début, comme ils l’avaient envisagé à l’origine et comme on le fait trop souvent en attendant les choses « sérieuses ». L’ouvrage de Haydn, par son écriture même, par ses sonorités tour à tour compactes et aériennes, était en l’occurrence celui permettant le mieux de se faire une idée des interprètes (Hélène Schmitt, Xavier Julien-Laferrière, Reyner Guerrero et Karine Jean-Baptiste), et c’est dans cette partition de maturité qu’ils se sont révélés les plus convaincants, par delà les séductions de Boccherini et surtout de Schubert.

Marc Vignal

Cité Universitaire (Paris), Maison du Portugal. 30 mai 2012

 

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