Mercredi 17 juillet 2019
Concerts & dépendances
Alain Planès, éblouissante maturité
mardi 13 décembre 2016 à 01h31
« L’infini turbulent » : juste définition du pianiste Alain Planès et sous-titre du film diffusé aux Bouffes du Nord en prélude à un récital de l’artiste, le tout suivi de la remise à celui-ci de la Légion d’honneur par Catherine Tasca, femme de culture et (néanmoins ?) ex-ministre de la Culture. Le film, un « 52 minutes » réalisé par Solrey (pseudonyme de Dominique Lemonnier), est un portrait classique (interviews – documents – témoignages), si ce n’est que le parcours et la personnalité d’Alain Planès limitent l’invasion des superlatifs d’usage. Pierre Boulez (son patron à l’Ensemble Intercontemporain) et Menahem Pressler (son maître tardif mais décisif), Joan Miro (visualisation de sa musique rêvée) et Miquel Barcelo (son alter ego en peinture) comme références, le compositeur Pascal Dusapin ou le comédien Marcel Bozonnet pour amis, un esprit caustique et pourtant bienveillant en guise de caractère, et par-dessus tout un détachement des valeurs périssables comme antidote à un désenchantement toujours latent. Au piano en tout cas, une éblouissante maturité : des Schubert (Impromptus D. 899) violents et introvertis comme on en entend rarement, un Chostakovitch (2ème Sonate) comme une promenade ponctuée d’orages, des Stockhausen (Klavierstücke IX) évidents comme le Haydn qu’il joue en bis. Diffusé en direct sur Arte Concert, l’événement mérite d’être vu et revu. 

François Lafon

Bouffes du Nord, Paris, 12 décembre. L’Infini turbulent, sur Arte Concert