Dimanche 26 mai 2019
Bernstein + Berlin + Mahler = bonheur
Une interprétation déchirante
 
Le même, pas pareil
Mahler net et sans bavures
Une Neuvième chic par Karajan
Neuvième symphonie

La rencontre n’aura eu lieu qu’une seule fois, mais elle sera mémorable et préservée grâce aux micros de la radio. En 1979, le Philharmonique de Berlin, plus que jamais sous l’emprise de Karajan, invite enfin Leonard Bernstein, le charmeur Américain tombé amoureux du Philharmonique de Vienne. Tout semble donc les opposer mais pour cette unique rencontre, chef et orchestre vont se donner dans la Neuvième symphonie de Mahler. « Quatre manières de dire au-revoir à la vie, » disait Bernstein à propos de cette oeuvre, et c’est précisément ce qu’on entend ici : quatre déchirements interprétés par un orchestre survolté, quatre courses à l’abîme jouées sur la corde raide. Bernstein pousse les musiciens de Berlin dans leurs derniers retranchements, leur demande de se mettre constamment en danger, exactement à l’opposé du style ultra-sophistiqué de Karajan. Le plus étonnant c’est que si Bernstein joue avec son coeur (et avec le nôtre : écoutez le scherzo et essayez de ne pas perdre votre haleine !), il ne perd jamais la tête. De toutes ses versions de cette oeuvre, celle-ci est sans doute la plus accomplie, la plus dense, la plus personnelle : rarement la Neuvième de Mahler n’a paru aussi bien racontée à la première personne.
Pablo Galonce

Neuvième symphonie
Orchestre Philharmonique de Berlin
Direction musicale : Leonard Bernstein
1 CD Deutsche Grammophon 477 8620
1 h 21

mis en ligne le dimanche 14 mars 2010

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