Mardi 15 octobre 2019
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Suites pour violoncelle

A part leurs dates de composition, un mystère quasi complet entoure les circonstances de l’écriture des 6 suites pour violoncelle. Nulle certitude quant à l’instrument (le violoncelle ou la viole d’épaule) ou le dessein poursuivi (pas d’indication et peu d’annotations). Il faut donc se contenter de ce qui existe : 6 « Suites » écrites chacune dans une tonalité unique (mis à part les variations des danses doubles) et sur une structure intangible : Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, une double « danse galante » (Menuets dans les 1 et 2, Bourrées dans les 3 et 4, Gavottes dans les deux dernières), et une Gigue conclusive. Outre leur virtuosité progressive, c’est l’aptitude à rendre les Suites comme des cycles, et non comme des enchainements de pièces, qui fait la difficulté pour l’interprète. C’est dans les danses les plus enlevées qu'Ophélie Gaillard excelle. A leurs côtés, les Préludes et les danses lentes s’affadissent. Non que leur interprétation soit médiocre si on les prend isolément, bien que parfois décevante (prélude la 4ème suite, par exemple), mais la coexistence leur est fatale. Et, au-delà, est en jeu la capacité à attirer l’auditeur dans un ensemble cyclique prégnant, ce à quoi d’autres interprètes, usant de l’introversion comme d’un ciment spirituel, parviennent divinement.
Albéric Lagier

6 Suites pour violoncelle seul sans basse BWV 1007 à 1012
Ophélie Gaillard (violoncelle)
2 CD Aparté (2011)
2 h 17 min

mis en ligne le mercredi 11 mai 2011

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