Mardi 15 octobre 2019
Bach dans les limbes
Un arrangement habile mais un peu creux des Variations Goldberg
Goldberg Variations

Faut-il transcrire Bach ? La question se pose pour un certain nombre de ses oeuvres : pour l’Art de la fugue, par exemple, le compositeur est resté vague sur le(s) instrument(s) et un arrangement est inévitable si l’on veut entendre tout ce qu’elle contient. Dans le cas des Variations Goldberg en revanche, il ne fait pas de doute que Bach pensait au clavier mais on comprend la tentation de les transformer en musique de chambre. Cette transcription pour cordes (à l’origine pour trio, puis pour un ensemble plus étoffé) de Dmitri Sitkovetsky ne manque pas d’habilité pour distribuer entre les différents instruments les différentes voix tant elle est idiomatique, comme on pouvait s’attendre d’un violoniste. Alternant les passages pour l’ensemble au complet avec d’autres presque concertants, l’arrangement « sonne » bien mais parfois un peu creux. Transformées en une sorte de concerto grosso, ces Goldberg, plus qu’intemporelles, sans âge, prennent un goût néoclassique dans un sorte de no-man’s land esthétique, le plus flagrant étant peut-être la variation 17, écrite par Bach dans le style d’une ouverture à la française qu’on a du mal à retrouver ici. Interprétation virtuose et pleine de fougue, mais comme la comparaison avec l’original est inévitable, on ne manquera pas de remarquer qu’au clavier les Goldberg paraissent autrement plus riches.
Pablo Galonce

Variations Goldberg (orch. Dmitry Sitkovetsky)
Britten Sinfonia
Direction musicale : Thomas Gould
1 CD Harmonia Mundi HMU 807633
1 h 14 min

mis en ligne le samedi 11 avril 2015

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