Mardi 19 novembre 2019
Aux sommets du violoncelle
Un soliste et un orchestre en parfaite symbiose
Bloch, Elgar // Gary Hoffman

Gary Hoffman, soudain prolifique (voir ici) prend à bras le corps le répertoire du violoncelle symphonique avec Schelomo d’Ernest Bloch, et le Concerto pour violoncelle d’Elgar, deux œuvres marquées par le temps de la Première Guerre mondiale. Schelomo est une œuvre à pièges: le dialogue entre le folklore hébraïque (au violoncelle) et l’évocation exotique de la Jérusalem de Salomon (confiée à l’orchestre), l’accumulation des crescendos fulgurants et les rythmes fracassants pourraient faire dériver l'interpétation vers les pentes hollywoodiennes. Au lieu de cela, le violoncelle de Gary Hoffman, qui commande à l’orchestre, déploie l’œuvre comme une longue méditation aux vibrations aussi amples que désespérées. Le Concerto pour violoncelle d’Elgar, bien que souvent couplé avec Schelomo, appartient à un tout autre univers, celui, au moment de passer de mode, des concertos romantiques, dont il pourrait être le chant du cygne tout comme la guerre de 14/18 fut celui de la Belle Époque. Le dialogue entre le violoncelle et l’orchestre est placé sur le terrain d’une complicité intimiste, dans un style tranché, sans pathos. La qualité du soliste et celle du Liège Royal Philarmonic ainsi que leur symbiose, sans revendication d’ego de l’un ou de l’autre, font de leur interprétation de ces deux œuvres majeures pour le violoncelle une référence qui pourrait bien être incontournable.
Albéric Lagier

Bloch : Schelomo, Rhapsodie Hébraïque pour violoncelle et orchestre - Elgar : Concerto pour violoncelle op.85
Gary Hoffman (violoncelle)
Liège Royal Philarmonic
Direction musicale : Christian Arming
1 CD La Dolce Volta LDV42
52 min

mis en ligne le mardi 16 octobre 2018

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