Vendredi 22 mars 2019
Au-delà de la démonstration
Beethoven au pianoforte : Alexei Lubimov persiste et signe
 
Le même, pas pareil
Le lyrisme de Wilhelm Kempff
Clair de lune - Waldstein - Tempête

Aux détracteurs des instruments d’époque, qui lui reprochent d’oublier que Beethoven composait pour un piano qui n’existait pas encore, Alexei Lubimov répond habilement que « ces Sonates restent éloignées de l’instrument lui-même… comme si la musique en faisait fi, dépassait sa matérialité et son histoire. » Dans les trois dernières (op. 109, 110, 111), qu’il a enregistrées sur un Alois Graf de 1828 (voir ici), il montre tout de même - et brillamment - que la lutte contre l’instrument fait partie de l’interprétation. Aujourd’hui dans la 14ème « Clair de lune », la 21ème « Waldstein » et la 17ème « Tempête », composées vingt ans auparavant, il montre - non moins brillamment - que la musique s’accorde parfaitement avec l’Erard de 1802 conservé au Musée de la Musique à Paris, dont il joue une copie réalisée par le facteur Christopher Clarke. Au-delà de la démonstration et des couleurs très variées qu’il tire de l’instrument, il fait preuve une fois encore de son talent mais aussi de son expérience : en 1994 sur un Johnh Broadwood de 1806, il ne jouait la « Waldstein » et la « Clair de lune » avec autant d’aisance ni de naturel. Tout cela pour dire que même si vous êtes a priori allergique aux rugosités de cet étonnant « piano en forme de clavecin », vous avez toutes les chances de tomber sous le charme de ce Beethoven à la fois rustique et étonnement riche de sens. 
François Lafon

Sonates pour piano n° 14 (Clair de lune), 21 (Waldstein), 17 (La Tempête)
Alexei Lubimov (pianoforte)
1 CD Alpha 194
1 h 07 min

mis en ligne le mardi 24 septembre 2013

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