Vendredi 18 octobre 2019
Amours fatales
Anna Prohaska, voix mate pour reines abandonnées
Serpent and Fire

Didon et Cléopâtre, reines africaines, suicidaires par amour (par le venin et par le feu, d'où le titre), double archétype de l’héroïne d’opéra au XVIIIème siècle, avant que le romantisme ne leur substitue les folles fiancées, de Lammermoor ou d’ailleurs. Un récital concept comme on en entend beaucoup depuis que Cecilia Bartoli en a ouvert le chemin, mais permettant une fois de plus de découvrir des perles rares issues de collier lyriques parfois moins précieux. On découvre ainsi – petites sœurs de l’illustre Didon de Purcell chargée d’ouvrir et de fermer le ban et cousines de celle, un peu moins connue, de Cavalli - celles de Graupner ou de Hasse, tandis que la reine d’Egypte échappe à Handel pour séduire les plus obscurs mais non moins inventifs Sartorio et Castrovillari. Rythmant ces incarnations, des pièces de Locke et de Purcell, de Castello et de Rossi viennent, sous la baguette toujours vive mais jamais sèche de Giovanni Antonini dirigeant le Giardino Armonico, brosser des décors adéquats. Condition sine qua non d’un plaisir sans partage en si galante compagnie : apprécier le talent de la soprano Anna Prohaska, ne pas être gêné par ce timbre mat compensé par une constante sur-expressivité.
François Lafon 

Airs et extraits orchestraux tirés de : Henry Purcell (Dido and Aeneas ; The Fairy Queen), Christoph Graupner (Dido, königin von Karthago), Antonio Sartorio (Giulio Cesare in Egitto), Matthiew Locke (The Tempest), Daniele da Castrovillari (La Cleopatra),
Anna Prohaska (soprano)
Il Giardino Armonico
Direction musicale : Giovanni Antonini
1 CD Alpha 250 (Outhere)
1 h 10 min

mis en ligne le vendredi 8 juillet 2016

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