Mardi 15 octobre 2019
A deux, c’est pas mieux
Liszt à quatre mains mais sans l’esprit
Double jeu

Liszt s’amusait à interpréter à deux mains des pièces pour piano en donnant l’illusion qu’elles l‘étaient par quatre. Les interpréter à quatre mains, à la façon de Michel Béroff et Marie-Josèphe Jude, tue l’illusion, l’effet de surprise, et la magie qui en découle. La dimension symphonique est là, avec des instruments que l’on distingue, un peu trop souvent parfois. La contrainte physique écartée, les deux interprètes libèrent sans frein une virtuosité acrobatique interdite à un seul et ce que l’on peut reprocher au Concerto pathétique transcrit pour deux pianos vaut d’un coup pour tout le reste. Souvent considéré comme un essai en laboratoire de ce que sera, quelques mois plus tard, la Sonate en si bémol mineur, qui n’est la transcription de rien, celle du Concerto tendrait à montrer que rien ne vaut un original. Les interprétations de Michel Béroff et Marie Josèphe Jude laissent un goût d’inachevé : trop spectaculaires, trop virtuoses, dépourvues de cet équilibre magique entre la vélocité vertigineuse d’une part, et le sentiment très romantique d’une passion parfois enflammée, parfois très sensuelle, d’autre part, où l’intériorité domine : l’esprit n’y est pas.
Albéric Lagier

Réminiscences de don Juan de Mozart, les Préludes, Concerto pathétique, Bénédiction de Dieu dans la solitude
Michel Béroff, Marie-Josèphe Jude (piano)
1 SACD Lyrinx
1 h 02 min

mis en ligne le dimanche 15 novembre 2015

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