Dimanche 22 avril 2018
Une Résurrection sans miracle
Daniele Gatti dirige à Amsterdam une 2ème de Mahler prosaïque
Mahler 2

Deuxième symphonie de Mahler - Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam : voilà un clásico, une de ces affiches que l’aficionado attend avec la hâte d’un Real Madrid-Barça. Cette fois-ci, on peut dire pourtant que le jeu n’a pas été à la hauteur de la légende d’une équipe si illustre. Même sans remonter aux versions signées Haitink, Klemperer ou Chailly de cette symphonie qui va si bien à l’acoustique de la salle et aux couleurs de l’orchestre, le Concertgebouw est presque méconnaissable dans cette interprétation où l’on attend, pendant presque une heure et demi, que quelque chose arrive. Si le miracle ne se produit pas, la faute en revient aussi au chef, qui ne parvient pas à galvaniser sa phalange. Le premier mouvement semble décomposé en petites scènes : Gatti oscille entre impulsions violentes et arrêts un rien complaisants. La même alternance entre moments où le moindre trait est mis en exergue au prix d’un net ralentissement et de subites accélérations marque le reste de la symphonie, dont on perd le fil pour ne plus le trouver. Le final est pompeux et pesant, tonitruant plus qu'apocalyptique et mirifique, et pour comble les deux solistes ne semblent pas non plus inspirées par ce que le chef leur propose. Un match qui ne passera pas dans les annales. 
Gérard Pangon

Symphonie n° 2 en ut mineur "Résurrection"
Chen Reiss (soprano), Karen Cargill (mezzo-soprano)
Choeur de la Radio Néerlandaise, Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam
Direction musicale : Daniele Gatti
2 SACD RCO 17003
1 h 28 min

mis en ligne le vendredi 29 décembre 2017

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