Dimanche 27 mai 2018
Spleen à Amsterdam
Jansons dans une mélancolique Septième de Mahler
Mahler > Symphony no. 7

Le temps d’un concert, Mariss Jansons fait un comeback au Concertgebouw d’Amsterdam, où pendant ses années de directeur musical il a su parfaitement se glisser dans la tradition mahlérienne de la formation. Pour l’occasion, le chef vient avec la symphonie de Mahler la plus ambigüe, romantique et moderne, abstraite mais pleine d’échos de la nature, tantôt chambriste tantôt grandiloquente. Mariss Jansons, qui n’a pas pour rien la réputation d’un chef équilibré, sait jouer avec ces zones d’ombre mais tire sans ambiguïté vers le romantisme auquel la symphonie dit adieu avec mélancolie. Écoutez sinon le premier mouvement, avec un Concertgebouw des grandes heures, qui se déploie dans une superbe progression vers la marche de la coda. Chaque ligne chante (et chaque pupitre est bien capté par les micros) dans les trois mouvements centraux, ces trois nocturnes à l’orchestration si originale où Jansons ne force pas le trait mais sait (particulièrement dans le scherzo) mettre en valeur chaque détail. Dans le finale, allégé sans être mené au pas de charge, il évite les écueils d’une orchestration parfois à la limite du bon goût (mais ça c’est aussi tout Mahler…). Pour ceux qui cherchent une Septième plus prospective, plus sauvage, cette version nostalgique pourrait avoir un goût un peu trop sage, mais comment résister à cette superbe démonstration du Concertgebouw ?
Pablo Galonce

Symphonie n° 7 en mi mineur
Royal Concertgebouw Orchestra
Direction musicale : Mariss Jansons
1 SACD RCO 17006
1 h 19 min

mis en ligne le samedi 5 mai 2018

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.