Samedi 16 décembre 2017
Soler lunaire
Diego Ares interprète 29 sonates exhumées de Soler
Sol de mi fortuna - Antonio Soler

Le "Frère" puis "Père" Antonio Soler a vécu à l’époque, rêvée pour les musiciens espagnols, de Ferdinand VI et de Marie de Bragance : l’Escurial vibrait aux coloratures de Farinelli, des sonates de Domenico Scarlatti, et des siennes – entre autres car il serait injuste d’oublier d’autres compositeurs de renom, un peu oubliés aujourd’hui, tel José de Nebra. Soler et Scarlatti ont les mêmes patrons et composent selon les mêmes règles, de courtes sonates, sur un mode binaire et en couples. Mais alors que Scarlatti consignait avec précision ses œuvres, Soler avait moins de rigueur, et plus de soif de notoriété, diffusant ses pièces couplées, ou découplées, selon les opportunités. Quand la Morgan Library de New-York fit l’acquisition, en 2011, d’un manuscrit de 43 sonates, on y a découvert 29 inconnues de Soler, dont douze par paires, vraisemblablement de jeunesse. Diego Ares est le premier à les enregistrer, sur une copie de clavecin sévillan de 1734. Il y insuffle avec science et délicatesse les univers propres à chacune de ses sonates, parfois intimes, parfois flamboyants, tous empreints des couleurs populaires apprivoisées pour la cour. Mais la prise de son, à force de fuir les bruits mécaniques et, surtout, les effets de réverbération, étouffe les harmoniques. Le résultat est plus lunaire que solaire, et pourrait laisser les auditeurs sur leur faim.
Albéric Lagier 

20 sonates, 2 préludes, 3 interludes, Canon a 4
Diego Ares (clavecin)
1 CD Harmonia Mundi HMC902232
1 h 13 min

mis en ligne le samedi 19 décembre 2015

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