Jeudi 14 décembre 2017
Retenue sonore
Un Schubert dégraissé mais pas asséché
Arpeggione Sonata - Trio n° 2

Autant que Le Beau Danube bleu à 2001, l’Odyssée de l’espace, l’Andante du 2ème Trio pour violon, violoncelle et piano de Schubert est associé à Barry Lyndon. C’est particulièrement le cas ici, où Marie-Elisabeh Heckert, Antje Weithaas et Martin Helmchen obtiennent une décoction de cette musique chargée d’affects dans le même esprit d’entomologistes esthètes que Stanley Kubrick observant ses aristocrates policés. Pas de froideur ni d’indifférence dans leur jeu : l’adrénaline monte quand il le faut, et les très schubertiens passages de la rêverie au désespoir sont aussi abrupts qu’il se doit. Cette même retenue sonore profite aussi à la Sonate « Arpeggione », œuvre de circonstance, plus légère de ton et d’intention, destiné à promouvoir cet instrument (un dérivé de la viole de gambe, entre violoncelle et guitare) qu’on ne ressuscite que rarement, le remplaçant généralement par… un violoncelle (d’où probablement son succès posthume). Là, le couple Hecker-Helmchen, qui ne trouvait pas exactement son équilibre dans les Sonates de Brahms (voir ici) s’entend à rendre le ton aimable sans être badin qui fait le charme de cette conversation en musique. 
François Lafon

Trio pour violon, violoncelle et piano D. 929 - Sonate "Arpeggione" D. 821 (version violoncelle-piano)
Antje Weithaas (violon), Marie-Elisabeth Hecker (violoncelle), Martin Helmchen (piano)
1 CD Alpha 284 (Outhere)
1 h 13 min

mis en ligne le dimanche 5 novembre 2017

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