Samedi 19 avril 2014
Requiems et battements de cœur
Hommage à Johannes Ockeghem par Diabolus in musica
bonheur assuré



Plorer, gémir, crier

En 1497 meurt Johannes Ockeghem. Agé d’environ quatre-vingts ans, il est connu comme trésorier avisé de la collégiale Saint-Martin de Tours et célèbre comme compositeur magistral dans l’Europe entière. Sa disparition crée une émotion telle chez les poètes et les musiciens de son temps que chacun y va de sa déploration : Pierre de la Rue se met à « plorer, gémir, crier et braire* » ; Pierre Moulinet écrit dans Nymphe des bois « Vous avez perdu votre bon père », et Josquin Desprez met en musique ce poème en forme de Requiem ; « Qu’as-tu fais, Mort haineuse ? » insiste Johannes Lupus. Sont rassemblées ici quelques unes de ces œuvres composées en hommage à Ockeghem. Dans ce genre de lamentation, tout se joue sur la respiration, la manière de la retenir pour traduire la douleur, sans toutefois exagérer la plainte, et de redonner du souffle pour mettre en relief les subtiles polyphonies, celles de Josquin Desprez en particulier où cinq voix se croisent, se répondent ou s’unissent dans un entrelacs absolument superbe. Le rythme aussi est essentiel : l’émotion est d’autant plus forte que le tempo s’accorde aux battements du cœur, c’est ainsi que cette musique est totalement incarnée. Diabolus in musica a l’immense talent de savoir le faire, comme dans toutes ses interprétations, et donne ainsi de ces compositions historiques un enregistrement qui l’est tout autant.
Gérard Pangon
*Hurler, et pas forcément comme un âne


Josquin Desprez
De La Rue : Plorer, gémir, crier / Requiem - Obrecht : Missa sicut rosa spinam - Desprez : Nymphe des bois / Requiem - Busnois : In hydraulis - Lupus : Ergone conticuit
Diabolus in musica
Direction musicale : Antoine Guerber
1 CD Æon AECD 1226
57 min

mis en ligne le jeudi 17 janvier 2013

Bookmark and Share


 
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail

Concerts & dépendances
Platée : l'oisiveté est mère de tous les vices
Le cabinet de curiosités
Le Jardin de Monsieur Rameau, métaphore et métonymie
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.