Samedi 20 janvier 2018
Présages funestes et insouciance enfantine
Paavo Järvi chez lui et chez Chostakovitch
Symphony no 6 - Sinfonietta

Une photo noir et blanc incluse dans la pochette explique ce disque : un peu floue, elle montre le petit Paavo et son chef de père Neeme sous le regard d'un Dmitri Chostakovitch pour une fois presque souriant. C'était le temps où la dynastie estonienne de chefs accueillait le compositeur russe dans une station balnéaire de la mer Baltique, la même où Paavo Järvi a créé son Orchestre du Festival Estonien. Peut-être ce souvenir d'enfance d'une époque obscure (celle de l'occupation russe de son pays) explique-t-elle aussi le choix de la Sixième symphonie, à la fois angoissante et enjouée, chargée de présages funestes et d'insouciance enfantine. C'est dans la noirceur que Järvi est plus convaincant : en utilisant des tempos très retenus, il prend toute la dimension tragique du premier mouvement, à elle seule l'une des pages les plus poignantes et mystérieuses de Chostakovitch, en contraste total avec les deux mouvements qui suivent, de plus en plus débridés. Le choix du célèbre Huitième quatuor, rebaptisé Sinfonetta dans cet arrangement pour orchestre à cordes et timbales, est moins heureux (si on le compare avec celui, justement plus connu, de Rudolf Barshai pour cordes seules) mais l'interprétation très sobre de Järvi fait oublier le côté hybride de l'arrangement.
Pablo Galonce

Symphonie n° 6 en si mineur op. 54 - Sinfonietta (Quatuor n° 8) op.110(b), arr. d'Abram Stasevich
Estonian Festival Orchestra
Direction musicale : Paavo Järvi
1 CD Alpha Classics Alpha 389 (Outhere)
56 min

mis en ligne le jeudi 11 janvier 2018

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