Samedi 29 avril 2017
Les sonates de la carpe
Weichlein, un baroque démasqué
Romanus Weichlein opus 1, 1695

A priori, le rapport entre la nature morte de couverture et les sonates enregistrées ici n’a rien d’évident. En cherchant bien, on trouve pourtant nombre d’analogies. Même si le peintre et le musicien ne sont pas tout à fait contemporains (1597-1657 pour l’un, 1652-1706), l’esprit est le même : au XVIIème siècle, les natures mortes mettent en scène la brièveté de la vie, comme les sonates de chambre, qui font florès, sont des morceaux de bonheur éphémère. Qui plus est Sébastien Stosskopf s’est plu avec les carpes (il les a peintes sept ou huit fois) comme Romanus Weichlein avec les sonates, et Weichlein est longtemps resté muet comme une carpe, du moins à notre époque (on le joue peu), comme Stosskopf est aujourd’hui dans l’ombre (les carpes des peintres hollandais sont plus connues), l’un et l’autre faisant partie des petits maîtres. Raison de plus pour saluer cet album qui nous emmène intelligemment sur des chemins de traverse où l’on découvre des inventions et des variations qui ne laissent pas indifférent. Dire qu’on va en faire son quotidien serait exagéré, mais la manière dont l’Ensemble Masques prend ces sonates à bras le corps pour nous faire partager son enthousiasme est tout à fait réjouissante.
Gérard Pangon

Weichlein : sonates II, III, VI, IX, XI – Kuhnau Suanota sesta in B flat major – Böhm : Capriccio – Pachelbel : Ciaccona in D minor – Kerll : Ciaccona in C Major – Muffat : Passacaglia in G minor
Ensemble Masques (avec la participation de Skip Sempé, clavecin)
Direction musicale : Olivier Fortin
1 CD Alpha Outhere Alpha 212
1 h 01 min

mis en ligne le dimanche 20 septembre 2015

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