 Simultanément dans la collection Actes Sud/Classica, biographies de Tchaïkovski et Prokofiev. Jérôme Bastianelli, en charge du premier, dramatise le propos. De quoi est mort Tchaïkovski ? Choléra (thèse officielle) ? Suicide (thèse officieuse) ? Le non dit, les femmes (et les hommes), le poids du destin structurent un récit en forme de thriller psychologique. Cela se lit en une heure et n’a jamais l’air d’un résumé de la somme définitive (pour l’instant) signée André Lischké chez Fayard. Avec Prokofiev, Laetitia Le Guay aurait pu en faire autant. Nœud du mystère : pourquoi le beau Serge est-il revenu en URSS se jeter dans les bras de Staline ? Elle adopte au contraire la forme classique : récit chronologique, refus de la dramatisation. La toile de fond, il est vrai, est suffisamment animée (exil, révolution), le personnage assez complexe et son oeuvre assez variée. Le format court (150 à 200 pages) surexpose les partis pris. A la fin de son brillant exercice, Jérôme Bastianelli se demande d’ailleurs, fort honnêtement, si la mort de Tchaikovski éclaire en quoi que ce soit sa vie et son œuvre.
François Lafon
Jérôme Bastianelli : Tchaïkovski - Laetitia Le Guay : Prokofiev. 2 volumes Actes Sud/Classica, 18 et 19 €.
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