Lundi 23 avril 2018
Jeu de pistes
Martin Helmchen nous fait réfléchir avec les Diabelli
Diabelli Variations

Pour un premier disque Beethoven, on peut choisir un programme plus abordable que les Diabelli, casse-tête que d’illustres pianistes n’ont osé qu’à la fin de leur carrière. Pourtant, quelques mois après un autre jeune pianiste chez le même éditeur (voir ici), Martin Helmchen (35 ans : encore un « jeune pianiste » ?) s'attaque tête bêche à ces 33 variations que l’on peut aborder comme un véritable jeu de pistes. Il est même pressé de marquer son interprétation : on n'a pas le temps de se détendre avec l'anodine valse qui sert de point de départ à Beethoven, que les premières variations, prises d’un seul élan, passent comme un éclair. Ces Diabelli ne sont pourtant pas une course folle : dans ce parcours si étrange, Martin Helmchen utilise les variations lentes comme de vrais repères pour condenser son propos. Plus enclin à faire réfléchir qu’à éblouir, moins visionnaire à la Richter que philosophe à la Brendel, il interroge le texte dans ce qu’il a parfois de plus déroutant (15ème variation, vraiment « grave e maestoso », ou la 30ème) mais il sait aussi se laisser à la pure virtuosité et à l’humour. Il réussit surtout à donner cette sensation de temps suspendu qui s’installe dans les toutes dernières variations avant la grande fugue et le menuet final, serein et gracile.
Pablo Galonce

Variations Diabelli en ut majeur, op. 120
Martin Helmchen (piano)
1 CD Alpha 386
55 min

mis en ligne le lundi 9 avril 2018

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