Dimanche 27 mai 2018
Hindemith souverain
Paavo Järvi et l’Orchestre symphonique de la Radio de Francfort
 
Le même, pas pareil
Hindemith
dirige Hindemith
à Berlin, en 1955
Hindemith

Hasard du calendrier (?), cet album, enregistré entre 2010 et 2013, paraît au même moment que deux autres, où Paavo Järvi, à la tête de formations différentes, dirige Brahms (voir ici) et Chostakovitch (voir ici). Avec Hindemith, le chef se distingue sans peine dans un répertoire négligé par tant d’autres. Car non contents d’avoir oublié le compositeur désinvolte des années 20, la plupart des interprètes de l’après-guerre l’enterrèrent : trop didactique, cérébral, classique… Pourtant, la Symphonie « Mathis der maler », tirée de son opéra sur le peintre Mathias Grünewald (1934) ne mérite que des éloges : un orchestre tout feu tout flamme, radical dans son abandon des langueurs du romantisme, mais d’une architecture grandiose comme un choral de Bach (1er mouvement Concert d’anges), et d’une minéralité proche du Bartók de la fin – 2ème mouvement Mise au tombeau. Chef et orchestre excellent dans le motorique 3ème et dernier mouvement Tentation de saint Antoine, au point de rivaliser sans peine avec la version de référence, celle du compositeur, à Berlin, en 1955 (DG). Une décennie plus tard, les Métamorphoses d’après Weber (1943) exultent avec un orchestre joyeux et pimenté. Quant au bariolé Ragtime de 1922, voilà une pochade qui n’a rien à envier à un pétulant ballet de Prokofiev. Qui a encore peur de Hindemith après une aussi souveraine réévaluation ?                
     Franck Mallet

Symphonie "Mathis der maler" ; Métamorphoses symphoniques sur des thèmes de Carl Maria von Weber ; Cinq pièces pour orchestre à cordes op. 44/4 ; Ragtime
Orchestre symphonique de la radio de Francfort
Direction musicale : Paavo Järvi
1 CD Naïve V 5434
1 h. 06 min

mis en ligne le jeudi 1 février 2018

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