Lundi 23 octobre 2017
Eclairante réduction
Mahler revu par Schönberg : une réussite pour Victor Hugo (l’orchestre)
Le Chant de la terre (version de chambre)

Pourquoi Le Chant de la terre en version de chambre, alors que la « grande » version a si souvent été enregistrée ? Parce que l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté est une formation de chambre, certes, mais aussi et surtout parce que, pour avoir été mise à bien par le moins connu Rainer Riehn, elle a été initiée par Arnold Schönberg pour sa Société de concerts viennoise, dont les moyens (matériels, s’entend) étaient limités. Caractéristique habituelle d’une telle réduction - pour peu que, comme celle-ci, elle soit de qualité : on entend l’œuvre comme passée au scanner. Et si l’on y perd en atmosphère ce que l’on gagne en mise en valeur de la modernité d’écriture de Mahler, le chef Jean-François Verdier et ses excellents musiciens parviennent néanmoins à ne pas rompre l’équilibre entre grande symphonie et suite de lieder qui fait l’originalité de l’œuvre. Les deux solistes y contribuent : si la mezzo franco-suisse Eve-Maud Hubeaux compense un timbre un peu trop clair par une belle justesse d’intention, l’héroïque et très musicien ténor finlandais Jussi Myllis nous épargne les hennissements que ses confrères (même les plus illustres) nous infligent trop souvent dans cette difficile partie.
François Lafon

Le Chant de la terre
Eve-Maud Hubeaux (mezzo-soprano), Jussi Myllys (ténor)
Orchestre Victor Hugo
Direction musicale : Jean-François Verdier
1 CD Klarthe K043
1 h 05 min

mis en ligne le mercredi 19 juillet 2017

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