Vendredi 28 novembre 2014
Du salon à la salle
Les Tchèques du Quatuor Prazak jouent Haydn à la londonienne
bonheur assuré



Les quatuors « Apponyi » Op.71

En 1792-1793, entre ses deux séjours à Londres et en vue des concerts publics du second, Haydn compose les six quatuors opus 71 et 74. Les trois premiers (opus 71) ne paraissent qu’en octobre1795 à Londres et à Vienne avec une dédicace au comte Apponyi. Le comte Razumowsky, grand amateur et futur dédicataire des quatuors opus 59 de Beethoven, regrette ce délai dans une lettre en français : « J’ai bien du regret que les six quatuors de Haydn que j’ai entendus avec le plus grand plaisir ne se trouvent pas à acheter. » Il s’agit des premiers quatuors destinés non seulement à un salon, mais aussi à une salle de concert. Haydn applique à un ensemble de quatre cordes solistes des procédés auparavant plus typiques de ses œuvres orchestrales : présence au début d’une introduction, plus lente que ce qui suit dans le seul opus 71 n°2, réduite dans le n°3 à un seul accord suivi d’un point d’orgue, effets de masse, brillance, éclat et virtuosité de l’écriture. Les Prazak ne sont évidemment pas, et de loin, les premiers à enregistrer ces ouvrages importants, mais ils en restituent de façon particulièrement convaincante le côté « londonien ». Le finale du n°2, souvent pierre d’achoppement, est un modèle, et il en va de même du Menuetto du n°1, aux accents étrangement schumanniens. L’épisode aux sonorités uniques de l’Andante con moto du N°3, où les deux violons et l’alto évoluent dans leur registre le plus élevé en doubles croches staccato assai e piano, manque quelque peu de finesse : péché très véniel.
Marc Vignal


Joseph Haydn
Les trois quatuors « Apponyi » opus 71
Quatuor Prazak
Praga Digitals PRD/DSD 250 289
1 h 01

mis en ligne le lundi 14 janvier 2013

Bookmark and Share


 
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail

Concerts & dépendances
Repin – Berezovsky, rien que de normal
Le cabinet de curiosités
Orchestres : où passent les femmes ?
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.