Vendredi 18 mai 2012
Concerts & dépendances
Côté salle et côté scène avec les musiciens
Matthias Goerne : Schubert for ever mercredi 09 novembre 2011 à 10h53

La Belle Meunière, premier volet de la trilogie Schubert par Matthias Goerne et Christoph Eschenbach à Pleyel (Voyage d’hiver en février, Le Chant du cygne en mai). Pas facile de créer l’intimité  dans ce grand hall blanc. Goerne, qui a longtemps chanté les yeux baissés et les mains à hauteur de plastron, embrasse la salle du regard et transforme le creux du piano en scène imaginaire. Il occupe l’espace, comme savait le faire Dietrich Fischer-Dieskau. Même attitude vocale : rage, éclats, déploration, et ces merveilleux moments suspendus dont il a le secret. Le piano d’Eschenbach tonne et murmure, arrête le temps avec un art égal. La Belle Meunière dure un quart d’heure de plus que d’habitude : on irait, avec eux, jusqu’au bout de la nuit.

François Lafon

Photo © Marco Borggreve

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