La salle ronde de la Halle aux grains (qui a été un ring de boxe) retrouve une production soignée du Théâtre du Capitole qui conjugue l’originalité d’un décor mobile (Emmanuelle Favre) à une mise en scène (Nicolas Joël) participative. La proximité de l’orchestre, de la scène et de la salle permet d’inclure dans l’initiation les spectateurs eux-mêmes, censés applaudir au signal du chef (Claus Peter Flor) et du rang desquels sortent régulièrment les chanteurs. L’orchestre se prête au jeu, puisqu’il tourne avec le décor. On aurait attendu du chef quelques attaques plus vigoureuses et des tempos plus allants. La descente du ciel, au premier acte, d’un « bestiaire » d’acrobates est le premier clou de la soirée. Le second est, sans doute, la prouesse de la Reine de la nuit qui, après une première apparition sans prestige, donne le change avec brio dans son second air de voltige. Les autres chanteurs font les frais d’une mise en scène qui les oblige régulièrement à chanter dos au public, mais cela ne gâte pas le plaisir d’un spectacle donné comme un divertissement et se garde de la surinterprétation symbolique que l’on associe souvent à l’œuvre. Avec le West Side Story cet opéra montre le souci de la nouvelle direction de soigner et le jeune et le grand public.
Katchi Sinna
La Flûte enchantée (Mozart), La Halle aux grains (Toulouse), les 18, 20, 22, 25, 27 et 29 juin 2010
Crédit photo : Patrice Nin |