Dimanche 05 fevrier 2012
Concerts & dépendances
Côté salle et côté scène avec les musiciens
Max Raabe, le terroriste sucré mardi 29 decembre 2009 à 10h48

Drôle de séducteur que Max Raabe, qu'Arte a choisi, le surlendemain de Noël, pour égayer sa tranche culturelle du dimanche matin. Avec son Palast Orchester – smokings, pupitres blancs, éclairages étudiés – Raabe réactive depuis un peu plus de vingt ans le répertoire sentimental germanique et américain d'avant-guerre. Tous ses musiciens sourient, sauf lui, dont la voix sucrée de baryton aigu jure avec son aspect et sa tenue de maître d'hôtel imperturbable. A première vue, ce « à la manière de » est gênant, d'autant que le public de l'Admiral Palasz, à Berlin, est au diapason : jolies dames et beaux messieurs communiant dans le souvenir de leurs grands-parents, qui savaient si gentiment s'amuser en dépit de la dureté des temps. Et puis l'on s'aperçoit que le glacis craque de partout, que sous son air cérémonieux, Raabe est un clone de Joel Grey dans Cabaret, que l'Alabama Song de Brecht et Weill est encore plus détonnant s'il est enrobé du même sirop que Je t'ai donné mon cœur de Franz Lehar, que ce petit ballon dirigeable qui se promène au-dessus du public ravi est peut-être un piège mortel. Les commentaires que Raabe laisse tomber d'une voix lassée sont terribles : « En Amazonie, nous nous retrouvons face à face avec les singes, qui nous ressemblent tant. C'en est vexant. Pour les singes ». Dans la salle, le baryton Thomas Quasthoff hurle de rire. Tous applaudissent poliment. Entre fascination et répulsion, qui choisit quoi ?

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Tetro, la musique des pères selon Coppola lundi 28 decembre 2009 à 11h26

Dans son film Tetro, Francis Ford Coppola livre de manière à peine cryptée sa propre histoire familiale. Thème récurrent : la rivalité, celle du père et du fils, du frère et du frère, du frère qui apprend que son frère n'est pas son frère. Il laisse de côté les femmes, bien que l'on sache qu'entre sa fille Sofia (réalisatrice de Marie-Antoinette) et son fils Ramon, la lutte a été terrible. Il braque en revanche le projecteur sur les pères musiciens. Anton Coppola, chef d'orchestre et oncle du réalisateur, devient Carlo Tetrocini, (un grandiose Klaus Maria Brandauer), star de la baguette autrefois adoubé par Erich Kleiber, et rival heureux de son frère (Carmine dans la vie), à qui il a un jour conseillé de changer de patronyme pour ne pas lui faire d'ombre. Pour une fois au cinéma, la musique ne sert ni d'alibi culturel, ni de toile de fond (même si la BO d'Osvaldo Golijov en fait trop dans sa volonté de saisir les multiples facettes du film). On voit à peine le père dans l'exercice de ses fonctions de chef : Coppola en dit bien plus en accompagnant la confession (d'ailleurs mensongère) de son fils à son propos du chœur à bouche fermée de Madame Butterfly, retrouvant là, en mode mineur, le génie de la scène des hélicoptères/Walkyries d'Apocalypse now. La caméra n'insiste pas non plus sur le maestro écrasant sa progéniture de son mépris, ni les femmes de son charisme. Quelques plans de la poupée Olympia brisée dans Les Contes d'Hoffmann, le film culte de Michael Powell, disent bien mieux les ravages familiaux. Du coup, quand le film, qui faisait jusque-là penser aux contes à éclats multiples de Jorge Luis Borges (et pas seulement parce qu'il se passe à Buenos Aires) lance, sur la fin, des clins d'oeil à Pedro Almodóvar (avec, en prime, la star almodovardienne Carmen Maura), on trouve légitimes quelques scènes folles, comme celle où la baguette du chef défunt est transmise à son frère malheureux, tandis que l'orchestre joue seul la Première Symphonie de Brahms. Pour que la famille renaisse enfin de ses cendres, il faudra que ladite baguette soit cassée, en gros plan. C'est cela, les chefs-d'œuvre : tout y sonne juste, même la musique et les musiciens.

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Tosca à New York : la revanche de Zeffirelli mercredi 23 decembre 2009 à 12h24

« Je ne savais pas que Tosca au Metropolitan Opera de New York, c'était la Bible », déclarait il y a deux mois le très branché Luc Bondy, après la levée de boucliers provoquée par sa première mise en scène (en haut) sur le sol américain. Il ne croyait pas si bien dire : sous la pression des ligues de vertu lyriques, Peter Gelb, le directeur de la maison, envisage de reprendre la vieille production de Franco Zeffirelli (photo en bas) en alternance avec la sienne. Une sacrée gifle pour Gelb, qui s'est fait fort de mettre aux normes du XXIème siècle la plus réactionnaire des grandes scènes internationales. Cela dit, la décision finale sera affaire de finances autant que d'esthétique : si la nouvelle présentation de ce pilier du répertoire fait moins d'entrées que l'ancienne, gare à elle ! A la première de Carmen mis en scène par la non moins branchée Emma Dante à la Scala de Milan, le même Zeffirelli n'a pas manqué de crier au scandale. Une chance pour La Scala : elle n'a pas de Carmen signée Zeffirelli à son répertoire. Pour faire taire le pape de l'opéra de papa, il faudrait que les relectures des classiques soient incontestables. Et là, tout devient encore plus compliqué.

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Café Zimmermann au Théâtre de la Ville : sans sucre mercredi 23 decembre 2009 à 12h03

« Ah, si vous l'aviez vu sur scène ! » : réplique classique de l'ancien au néophyte qui se plaint de ne pas sentir le souffle du génie dans un enregistrement d'une gloire du passé. Hier soir, pendant le concert de Café Zimmermann au Théâtre de la Ville, c'est : « Ah, si vous entendiez leurs disques ! » qu'on avait envie de dire. Bon, la chanteuse Sophie Karthäuser, pièce maîtresse des deux Cantates de mariage (BWV 202 et 210) de Bach qui constituait l'essentiel du programme, avait déclaré forfait, remplacée par une… remplaçante, applaudie surtout pour avoir sauvé les meubles. Bon, le Théâtre de la Ville, qui garnit ses mille fauteuils en proposant imperturbablement une programmation musicale sans démagogie, n'est peut-être pas l'écrin idéal pour la reconstitution de ces concerts que Bach et ses amis donnaient à Leipzig dans le café de Gottfried Zimmermann (d'où le nom de l'ensemble). Mais voilà, dans les disques (chez Alpha) dudit ensemble, on aime la spontanéité, le sourire, le plaisir de se retrouver entre virtuoses qui ne jouent pas aux virtuoses. Hier, quand Céline Frisch a levé les mains d'un clavecin inaudible au-delà du cinquième rang, quand Guadalupe del Moral et Patricia Gagnon ont enfin accordé leurs violon et alto respectifs, quand Emmanuel Laporte a retrouvé le son de son superbe hautbois d'époque, il y avait longtemps que les parfums de la terrasse Zimmermann étaient éventés. Encore une fois, les baroqueux peuvent dire merci à l'anachronisme salvateur qu'est l'enregistrement moderne.

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Platée à Garnier : la grenouille vieillit bien mardi 22 decembre 2009 à 13h02

Bain d'acide contre océan de sirop : pendant que le Châtelet s'attendrit sur La Mélodie du bonheur, l'Opéra de Paris reprend Platée de Rameau dans la mise en scène de Laurent Pelly. Dix ans d'usage n'ont pas affadi ce spectacle drôle et méchant, inventif tout le temps, musicalement au point : Marc Minkowski est toujours là, et Mireille Delunsch, et Jean-Paul Fouchécourt ou Paul Agnew (selon les soirs), qui ont fait son succès. Il n'y en a pas tant, de spectacles que l'on peut ainsi voir vieillir. Les Noces de Figaro « de » Giorgio Strehler a duré trente ans, avec des hauts et des bas, à tel point que le metteur en scène et le décorateur (Ezio Frigerio) ont demandé un temps que l'on retire leur nom de l'affiche, et le Faust « de » Jorge Lavelli presque autant. De reprise en reprise, promenés d'une salle à une autre (d'un continent à l'autre, parfois, quand il s'agit de coproductions), avec des chefs qui ne regardent pas le plateau et des chanteurs qui n'étaient pas nés à l'époque de la première, ce sont des coquilles vides que l'on baptise « productions historiques ». Avant, cela ne gênait pas : dix ans après sa première, on allait de confiance au Palais Garnier voir la Carmen « de » Raymond Rouleau, sans remarquer qu'elle ne ressemblait plus à grand-chose. A Vienne, à Munich, où les spectacles continuent d'être repris en deux répétitions, selon le système de l'alternance, on n'est toujours pas très regardant. Ici, on veut du festival permanent, du neuf tous les soirs. Cela coûte cher, mais cela paye : Platée fait salle comble, et le public hurle de joie.

Crédit photo : Opéra national de Paris/ Christian Leiber

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Musiques de films : « Si elles aussi nous abandonnent… » lundi 21 decembre 2009 à 14h08

« Si j'enregistre des chansons tirées de vieilles musiques de films, c'est parce que les nouvelles sont moins bonnes », explique Monsieur Eddy (Mitchell) en pleine promo de son album « Grand écran ». De la soupe d'accompagnement et des bandes originales soignées, il y en a toujours eu, mais il est vrai qu'aujourd'hui, le fossé se creuse. D'un côté : les accords planants à tout faire (et rappelant immanquablement les films d'épouvante de notre adolescence), de l'autre des œuvres à part entière, ou presque. Prenez la BO d'Avatar de James Cameron. James Horner nous y ressert le thème à 100 millions de dollars de Titanic (mais sans Céline Dion), noyé dans un mélange de world music et de néo-symphonisme hollywoodien. L'opposition monde tribal - univers technologique qui est au coeur du film le lui permettait. Il a voulu « faire œuvre », mais n'allait tout de même pas renoncer à l'aspect (très, très) grand public de l'entreprise.

En revanche pour Tetro, le nouveau film de Francis Ford Coppola, Osvaldo Golijov se la joue haut de gamme. Nourri de Piazzola (il est né en Argentine) et de George Crumb (son professeur aux Etats-Unis), joué par le Quatuor Kronos et chanté par la diva new age Dawn Upshaw, enregistré - comme Mozart et Beethoven - sous étiquette Deutsche Grammophon, ce pur représentant du courant « néo » n'allait pas se contenter d'accompagner des images. Résultat : sa partition, criblée de citations, veut trop en dire. Au fond, Monsieur Eddy a raison : au cinéma, « populaire » et « original » sont aujourd'hui deux adjectifs qui ont du mal à aller ensemble.

James Horner : Avatar. 1 CD Atlantic Records
Osvaldo Golijov : Tetro. Dawn Upshaw (soprano), St Lawrence String Quartett,. 1 CD Deutsche Grammophon (dist.Universal)

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Christian Clavier joue Molière : le baroque série-télé dimanche 20 decembre 2009 à 09h08

Coup d'envoi des programmes de fin d'année sur les chaînes du service public : sur France 3 Le Bourgeois Gentilhomme avec Christian Clavier, qui a déjà été, la saison dernière, un morne Malade imaginaire. Dans sa volonté de faire riche, le réalisateur Christian de Chalonge a installé la famille Jourdain dans un manoir… de vrai gentilhomme. On ne rit pas : la pièce est jouée sobre et réaliste, ce qui fait ressortir son cynisme. Rien ne rappelle qu'il s'agit d'une comédie-ballet, et la turquerie finale est escamotée. Signe des temps : la musique de Lully est réduite à ses deux thèmes les plus connus (l'ouverture et le Menuet du Maître à danser), mais interprétée dans un style impeccablement baroque, bien éloigné des arrangements de tradition à la Comédie-Française (signés André Jolivet, Dominique Probst ou Michel Colombier, quand il ne s'agit pas d'un mélange de Lully et de Richard Strauss). En tout cas la dichotomie entre le jeu série-télé des acteurs et cette volonté de faire époque ne choque pas, alors qu'à y bien regarder, elle est pour le moins étrange. Il est vrai que pour intriguer le public, il faut maintenant faire de Monsieur Jourdain un marchand d'articles de sport (et le faire jouer par Jean-Marie Bigard), ou tenter de retrouver les sons et les codes de la superproduction musico-théâtrale créée à Chambord en 1670, comme l'ont fait récemment le chef Vincent Dumestre et le metteur en scène Benjamin Lazar. Après tout, c'est grâce au Bourgeois Gentilhomme que le nom de Lully est passé à la postérité.

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Dudamel, Ticciati, Bringuer et les autres : les bébé chefs au pouvoir lundi 14 decembre 2009 à 17h57

Robin Ticciati (26 ans), Andris Nelsons (31 ans), Lionel Bringuier (23 ans), Ilan Volkov (33 ans), Vasily Petrenko (33 ans), Kirill Karabits (33 ans), Vladimir Jurowski (37 ans), Daniel Harding (37 ans), Tugan Sokhiev (33 ans), Gustavo Dudamel (28 ans) : tous sont chefs d'orchestre, et déjà en pleine carrière. La plupart sont en charge d'orchestres importants, et quelques-uns, comme Gustavo Dudamel, d'ores et déjà des stars. Cela n'empêchera pas la sélection naturelle de faire son office. Les plus solides feront leur chemin et les autres tomberont simplement de plus haut. L'époque, en tout cas, est bien révolue où Wilhelm Furtwängler traitait le jeune Georg Solti de présomptueux parce qu'il avait osé diriger Tristan et Isolde à l'Opéra de Munich avant de s'y essayer dans un théâtre de province. Ce qu'on a moins remarqué, dans ce phénomène très médiatisé, c'est son côté génération spontanée. Il y a encore dix ans, Claudio Abbado, Riccardo Muti et leurs cadets Simon Rattle, Esa-Pekka Salonen et Valery Gergiev, lesquels avaient tant bien que mal succédé aux grands disparus (Karajan, Bernstein, Celibidache), étaient donnés comme les dernières grandes pointures d'une profession en voie d'extinction, menacée par la crise du disque et la marginalisation de la musique classique. Aux dernières nouvelles, la toute puissante agence IMG Artists annonce l'arrivée sur le marché d'un jeune Vénézuélien qui va faire prendre un coup de vieux à son compatriote Dudamel et à tous les autres. Il s'appelle Ilitch Rivas, et il a seize ans.

De haut en bas : Tugan Sokhiev, Andris Nelsons, Lionel Bringuier, Gustavo Dudamel. 

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La mécène de Cicinnati signe un gros chèque lundi 14 decembre 2009 à 14h26

La milliardaire Louise Nippert, âgée de quatre-vingt-dix-huit ans, vient de signer un chèque de quatre-vingt-cinq millions de dollars (cinquante-huit millions, cent-trente-neuf mille cinq-cent-trente-quatre euros et trente-neuf cents) destiné à renflouer l'Orchestre, l'Opéra et le Ballet de sa bonne ville de Cincinnati. Elle prend le relais d'un autre « ange des arts » de la capitale de l'Ohio, Patricia Corbett, disparue en 2008 à quatre-vingt-dix-neuf ans. On peut se moquer de ce mécénat d'un autre temps, considérer que le sponsoring d'entreprise ou la subvention d'état sont plus conformes à la morale et aux intérêts de la société moderne, on se dit que cela a tout de même de l'allure, et qu'il est plus classieux, quand on est à la tête d'un pactole, de subvenir aux besoins d'une grande institution culturelle qu'à ceux, pour prendre un exemple parmi d'autres, d'un ex-romancier devenu photographe mondain. On se demande aussi ce qu'en pense le chef Paavo Järvi, douzième Directeur musical de l'Orchestre de Cincinnati depuis 2001 et futur directeur de l'Orchestre de Paris.

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Lully sur Arte : L'empêcheur de danser en rond vendredi 11 decembre 2009 à 13h39

Prononcez le nom de Lully, et tout le monde est mal à l'aise. Pourquoi ? Parce que sa musique (hormis le menuet du Bourgeois Gentilhomme) a été oubliée pendant trois siècles ? Parce que ladite musique nous semble à la fois très proche et très lointaine ? Parce que (corollaire de la précédente remarque), on ne savait plus comment la jouer et qu'on se pose encore des questions à ce propos? Tout cela, c'est le lot d'une grande partie du répertoire ancien et baroque. Le personnage alors ? Ce Florentin devenu plus français que le roi de France, ce séducteur se rendant indispensable à la Grande Mademoiselle et dansant de conserve avec le jeune Louis XIV, ce ministre de la communication avant la lettre, offrant au souverain des harmonies dignes du soleil qu'il prétend incarner, inquiète encore. Molière n'en a pas fait moins, mais il a justement été la victime de Lully, lequel l'a laissé tomber pour aller inventer la tragédie lyrique, tellement plus représentative du génie français que les comédies ballet dont ils avaient tous deux régalé leurs contemporains. Un étranger qui prend la place des autochtones, un ambitieux qui n'a peur de rien, une éminence grise qui fait en sorte de ligoter toute opposition… Il y a bien là de quoi relancer le débat sur l'identité nationale. Le documentaire d'Olivier Simonnet qui passe sur Arte le 28 décembre est intitulé Lully l'incommode. Il ne tente pas de blanchir le personnage, mais insiste sur le fait qu'il n'a pas été ingrat avec tout le monde, ainsi que l'indique son soutien au jeune Marin Marais. A chaque époque on retrouve ces habiles incommodes qui cristallisent le génie du moment et mangent le pain convoité par tous. Quand ils apparaissent dans le milieu musical, on les traite de Lully. Ce doit être cela qu'on ne lui pardonne pas, à Lully.

Lully l'incommode, d'Olivier Simonnet. Arte, lundi 28 décembre à 23 h.

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