Dimanche 05 fevrier 2012
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Claire Diterzi à la Villa Médicis : démagogie ou choix risqué ? jeudi 10 juin 2010 à 11h03

Qui a le droit d’aller à la Villa Medicis de Rome ? C’est la question que Frédéric Mitterrand, le Ministre de la Culture, doit être en train de se poser en ce moment. Une pétition circule sur Internet pour protester contre le choix de la chanteuse Claire Diterzi comme pensionnaire dans la prestigieuse institution culturelle dont la mission est d’« offrir la possibilité à des artistes et à des spécialistes francophones de nationalité française ou de toute autre nationalité de se perfectionner dans leurs disciplines » et qui a accueilli Berlioz, Debussy ou Bizet. Or certains compositeurs de musique contemporaine ont très mal pris que pour une fois ce ne soit pas un de leurs qui fasse le voyage à Rome. Pourquoi inviter une artiste dont on ne discute pas la valeur mais qui, selon les signataires de la pétition, a déjà creusé son sillon dans la musique commerciale et n’a de ce fait nullement besoin de l’aide de l’Etat ? Le choix est pour eux d’autant plus choquant que dans le jury on trouve Laurent Bayle, ancien directeur de l’IRCAM et actuel directeur de la Cité de la Musique (et membre de la Commission Karmitz mise en place par le Président de la République). Le ton du texte traduit une certaine amertume : « Réduire le nombre des compositeurs de musique contemporaine porteurs de projets ambitieux et audacieux et les remplacer par des musiciens qui ont déjà un pied dans l'industrie musicale et sont dans la capacité de vivre de la scène, c’est refuser de tenir compte de la rigueur de leur travail et les traiter avec mépris. Les pièces d’orchestre, les opéras demandent un long temps de gestation et les œuvres qu’ils écrivent en ce moment seront peut-être les classiques des siècles futurs. Si les structures qui les accueillaient jusqu’alors réduisent le nombre de possibilités qui s’offrent à eux, comment pourraient-ils développer des formes et des langages musicaux nouveaux, par définition non conformes aux standards commerciaux ? » Faire entrer à l’Académie Française de Rome une représentante des « musiques actuelles » serait donc un acte de « démagogie et calcul politique ». Et de dénoncer aussi le désengagement de l’actuel Ministère envers la création contemporaine. Et pourquoi pas, comme le suggère le compositeur Philippe Manoury, un des signataires, «  demander au Ministère d'ouvrir une section "musique actuelle" à la Villa » pour terminer avec cette guerre de territoires ?

Pablo Galonce

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La fièvre monte à l’Orchestre de Lyon samedi 27 mars 2010 à 15h18

« Quand l’amour va, tout va », ce qui n’est pas le cas à Lyon entre le directeur administratif de l’Orchestre National, Laurent Langlois, et son directeur musical, Jun Märkl. On a d’abord cru qu’il s’agissait d’un choc de personnalités, de la rencontre explosive d’un maestro jaloux de ses prérogatives (son arrivée à la tête de l’Orchestre ne s’était pas passée sans remous) avec un patron engagé par la mairie pour dépoussiérer l’institution. Venu de Rouen, Laurent Langlois s’est notamment fait un nom en conférant au festival Octobre en Normandie une aura iconoclaste qui n’était pas pour déplaire aux édiles locaux et nationaux. A Lyon, il a été accueilli comme le Grand Méchant Loup, et s’est apparemment ingénié à mériter ce titre, en imposant ses hommes, en ne regardant pas à la dépense, en faisant passer ses réformes à la hussarde au lieu d’optimiser les forces en présence. Lyon Capitale.fr précise que si le contrat de Jun Märkl est consultable sur Internet, celui de Laurent Langlois ne l’est pas. Ambiance.Dernier chapitre en date de la guerre des nerfs : l’engagement d’une directrice de la Communication derrière le dos de Märkl, lequel n’a déjà pas apprécié que sa photo sur le programme de la saison prochaine soit remplacée par … la tête de Guignol. Résultat : dépôt d’un recours devant le Tribunal administratif. Bon, ce n’est pas la première fois qu’une bataille de chefs pourrit la vie d’une institution : on se rappelle celle qui a opposé Hugues Gall et Myung-Whun Chung à l’Opéra de Paris, et qui s’est terminée (assez rapidement, heureusement) par le départ du second. Ce sera le cas à Lyon, puisque Märkl n’a pas renouvelé son contrat, qui se termine fin 2011. En attendant, les habitants du quartier de La Part-Dieu vérifient chaque matin si l’Auditorium est toujours debout. On se demande ce que le chef américain Leonard Slatkin, qui avait été approché avant l’arrivée de Langlois pour prendre les rênes de l’Orchestre, pense de tout cela.

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Fabio Luisi quitte Dresde : Orchestre, ton univers impitoyable… lundi 08 fevrier 2010 à 00h19

Rude métier que celui de chef d'orchestre. Prenez le Génois Fabio Luisi, directeur de l'Opéra et de la Staatskapelle de Dresde depuis 2007. Au détour d'une conversation, il apprend qu'un grand concert festif est prévu pour la St Sylvestre 2010. « Vous auriez pu me prévenir », rétorque-t-il. « Ce n'est pas vous qui le dirigerez, mais Christian Thielemann ». Scandale, démission. Renseignements pris, il découvre qu'un contrat a été passé avec la chaîne de télévision ZDF pour faire mousser l'événement : Thielemann est une star, il enregistre chez Deutsche Grammophon, il est le plus allemand des chefs allemands (certains nostalgiques le comparent à Furtwängler), et de toute façon, il devait succéder à Luisi à Dresde en 2012, lui-même ayant claqué la porte du Philharmonique de Munich pour de sombres raisons politico-contractuelles. Le procédé est international : on se souvient de la rage de Christoph Eschenbach quand il a appris qu'il n'était pas reconduit à la direction de l'Orchestre de Paris et que Paavo Järvi (lui-même cumulard de haut vol) avait été nommé derrière son dos au poste qu'il aurait bien voulu conserver.
En attendant, Luisi étant parti et Thielemann pas encore arrivé, il n'y a personne pour diriger la Tétralogie de Wagner à l'Opéra de Dresde (dont la Staatskapelle est l'orchestre permanent) à partir du… 21 février. Ne sortons pas pour autant les mouchoirs : Luisi est aussi directeur de l'Orchestre Symphonique de Vienne, il succédera à Franz-Welser-Möst à l'Opéra de Zürich en 2012, et il ne s'était apparemment pas apitoyé en son temps sur le sort de son prédécesseur à la tête de la Staatskapelle de Dresde, renvoyé pour lui laisser la place, et qui n'était autre que Bernard Haitink. Car enfin, si une blanche vaut deux noires, Haitink, comparé à Luisi et Thielemann, vaut bien une ronde.

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Lang Lang, Ronaldo du piano, transféré chez Sony mercredi 03 fevrier 2010 à 00h09

Selon le journaliste anglais Norman Lebrecht, Lang Lang est en passe de quitter Deutsche Grammophon pour Sony Classical. Coût du transfert : 3 millions de dollars. De quoi faire ricaner un footballer de deuxième Division, mais sur le marché classique, du jamais vu depuis Pavarotti. Bogdan Roscic, le nouveau directeur du département classique de Sony en veilleuse depuis plusieurs années, avait besoin de frapper un grand coup. C'est chose faite avec le prodige qui a réalisé le rêve de quarante millions de jeunes Chinois arrimés à leur piano dans l'espoir de conquérir le monde, le Little Bouddha qui a joué, pour l'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, devant cinq milliards de téléspectateurs. Lang Lang avait déjà un pied dans la place, puisqu'il avait, en homme d'affaires et en philanthrope avisé (il est, entre autres, ambassadeur de l'Unicef) signé en 2008 un contrat commercial avec Sony. DG, en attendant, a perdu ses deux champions sur un marché extrême oriental en plein essor : Yundi Li, l'autre prodige de l'Empire du Milieu, vient de signer chez EMI, lassé d'être maintenu dans l'ombre de son encombrant compatriote. Selon son propre aveu, le bonheur de Lang Lang sera complet quand le monde musical occidental le considérera comme un artiste, et non plus comme un phénomène. Mais cela, ça ne s'achète pas.

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Riccardo Muti : « Rome, unique objet de mon assentiment » dimanche 06 decembre 2009 à 10h05

Privé de théâtre depuis son départ tumultueux de la Scala de Milan en 2005, Riccardo Muti vient d'être nommé directeur de l'Opéra de Rome. Il prendra ses fonctions le 3 décembre 2010, en dirigeant Moïse et Pharaon de Rossini. La Ville Eternelle étant, dans le domaine lyrique, considérée comme provinciale - et l'Opéra de Rome ayant frôlé la catastrophe avant que l'état ne lui lance une bouée de sauvetage de quinze millions d'euros -, c'est en apparence un curieux choix de la part de ce chef ****luxe, qui s'apprête par ailleurs à prendre les rênes du très riche Orchestre Symphonique de Chicago. Quelle revanche, en réalité ! Puisque la Scala est tombée aux mains des étrangers (Stéphane Lissner, Daniel Barenboim), puisque cette saison encore, Bizet, Mozart, Janacek, Wagner, Berg et Gounod n'y laissent qu'un strapontin à Rossini, Verdi et Donizetti, Muti, star internationale mais nationaliste en art comme en politique, prend la tête de l'opposition, dans un théâtre 100% italien. Il va sans dire que les élus romains (le maire, Gianni Alemanno en tête, membre du parti de Silvio Berlusconi Popolo della Libertà) se frottent les mains d'avance, le seul nom du chef étant, en plus, censé faire bourse délier à des sponsors jusqu'ici réticents. Si Visconti était encore vivant, il en ferait un film.

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Alexandre Tharaud : Transfert vendredi 20 novembre 2009 à 01h00

En prélude au bicentenaire de la naissance de Chopin, Alexandre Tharaud sort fin novembre un CD intitulé Journal intime. Sous ce titre qui lui ressemble, il réunit, comme il aime le faire, des pièces illustres (la 1ère Ballade) et des raretés (la Contredanse). Quelques mois après le double album Satie qui a ravi ses fans, Harmonia Mundi met donc les bouchées doubles avec son pianiste vedette. Eh bien, pas du tout : c'est sous étiquette Virgin que paraît le nouvel album. Comme les stars du ballon rond, les as du clavier jonglent avec les clubs. Chez Virgin, le wonder boy rejoint une équipe où brillent déjà David Fray, Piotr Anderszewski et Nicholas Angelich. Pas grave, direz-vous, il est unique et le restera. On n'attend que cela de lui. Pendant ce temps, Harmonia Mundi sera occupé à lancer le récital Chopin d'Alain Planès, un compagnon de longue date, enregistré sur un piano Pleyel de 1837 et reproduisant le programme d'un des rares concerts que Chopin a donnés à Paris.

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