Dimanche 20 avril 2014
Concerts & dépendances
Côté salle et côté scène avec les musiciens
Répons à la Cité de la Musique : deux fois, sinon rien ! vendredi 16 avril 2010 à 10h45

 

Salle modulable de la Cité de la Musique, jeudi soir. L'expérience va débuter. Au centre, le plateau pour l’ensemble cordes-vents ; sur les balcons, en cercle, les instruments résonnants (deux pianos, une harpe, un cymbalum, un vibraphone et un xylophone) ; et puis l’électronique de l’IRCAM, contrôlée par quelques ordinateurs, qui modifie en temps réel les sons des instruments. Tout est prêt pour interpréter Répons, de Pierre Boulez. Mais avant que la musique commence, Susanna Mälkki, qui va diriger, indique la règle du jeu : l'œuvre n’est pas la même selon le point d’écoute choisi, donc l’Ensemble Intercontemporain la jouera deux fois, et, pendant la pause, chacun changera de place.
Version 1 : depuis un fauteuil du premier balcon, juste en face du chef, ce n’est pas seulement l’oreille qui est frappée, c’est aussi l’œil, attiré justement par ses gestes à la fois souples et millimétrés, à la manière d’un Boulez justement. En la regardant, Répons devient aussi fluide qu’un concerto de Mozart et avec ce guide visuel, on entre sans peine dans cette musique réputée difficile.
Version 2 : au premier rang du parterre, juste derrière le chef, on entend d’où, à deux mètres près, ce que Susana Mälkki entend. Vertige : de la dense introduction à la cascade finale d’arpèges, la musique, qui paraissait s’éparpiller pendant la première interprétation, devient plus dense, trois quarts d’heure soudain d’une complexité affolante. Pierre Boulez, lui, a suivi les deux interprétations depuis le même fauteuil, à la droite du plateau central. Depuis la création de l’œuvre dans les années 1980, la partition résonne toujours dans sa tête : fidèle à la conception du « work in progress », Répons est officiellement encore une page non terminée.

Pablo Galonce
Paris, Cité de la Musique, le 15 avril 2010
Crédit photo : Aymeric Warmé-Janville
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Vous prendrez bien un peu de Carl Nielsen ? jeudi 15 avril 2010 à 10h19

 

« Carl Nielsen ? Connais pas ! » Maintenant que les symphonies de Mahler, Bruckner et même Chostakovitch constituent des piliers de répertoire pour les orchestres français, pourquoi ne pas essayer celles du compositeur danois ? Certes, mais il y a du travail encore avant qu’il ne devienne un nouveau favori des mélomanes français : l’Orchestre de Paris n’a pas fait Salle Pleyel comble pour jouer sa Cinquième symphonie. Dommage, car après un bon Concerto pour violoncelle d’Elgar avec Alisa Weilerstein, l’œuvre a fait un tabac. La musique de Nielsen (1865-1931) est déroutante pour ceux qui aiment mettre les compositeurs dans des cases chronologiques et esthétiques bien précises : il n’est ni un romantique attardé ni un moderniste mais un peu tout à la fois. Dans cette Cinquième symphonie, une vraie rareté en France, on trouve ainsi des fugues tout ce qu’il y a de plus classiques à côté d’un étonnant solo pour caisse claire qui éclate en plein milieu du premier mouvement et donne l’impression d'une improvisation de jazz. Hétérogène ? Mahler l’est tout autant et on s’y est bien habitué. Ce qui manque probablement, ce sont les chefs capables de défendre cette musique avec l’intelligence d’Osmo Vänskä qui, aux commandes de l’Orchestre de Paris, fait des merveilles. Difficile à dire si l’on pourra entendre à nouveau Nielsen à Paris : le compositeur a disparu de la saison 2010-2011 de l’orchestre.

Pablo Galonce


Paris, Salle Pleyel, 14 avril 2010 

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EMI dans le rouge. Et le disque, au musée ? mardi 13 avril 2010 à 07h50

 

Ce ne sont plus les studios d’Abbey Road qui risquent d’être vendus par appartements, mais la société EMI elle-même. L’éditeur des Beatles et de Yehudi Menuhin doit 3,2 milliards de livres sterling au monstre financier américain Citigroup, qui lui demande de verser un acompte de 120 millions avant le mois de juin, sous peine d’en prendre le contrôle et de la revendre par lots. Pour éviter la catastrophe (et empocher 200 millions de livres), EMI, via son actuel propriétaire le fonds d’investissement anglais Terra Firma, a proposé à Sony et à Universal de prendre son catalogue en licence sur le marché américain. Les deux majors companies ont refusé, sans doute refroidies par la lutte à mort qui oppose Citigroup et Terra Firma, celle-ci accusant celle-là de l’avoir escroqué (alors que celle-là finançait celle-ci) lors du rachat d’EMI en 2007. En février, Abbey Road a été classé monument historique, ce qui a fait la joie des nostalgiques, mais n’a pas arrangé les affaires d’EMI, qui comptait se renflouer en revendant le site. Qui soutiendra, après cela, que le disque n’est pas voué à finir au musée ?

François Lafon
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Mignon à l’Opéra Comique : la nostalgie, camarade dimanche 11 avril 2010 à 02h02

 

2062ème représentation de Mignon à l’Opéra Comique. Quel succès ! Mais seules nos grands-mères s’en souviennent. Créé en 1866, l’ouvrage fête sa centième huit mois plus tard, sa millième en 1894, sa deux-millième en 1955. Puis, assez vite, plus rien. On en veut à Ambroise Thomas d’avoir ravalé Goethe (Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister) au rang d’un auteur de gare, d’avoir déposé de la musique facile le long de (ce qu’il reste de) ses vers, d’avoir même inventé un happy end pour « ne pas se priver de 700 ou 800 représentations supplémentaires ». Le reproche n’est pas nouveau : en 1893, Debussy traînait dans la boue ses confrères Gounod et Massenet, qui avaient transformé Faust et Werther en romances pour boutiquiers. Aujourd’hui, ce n’est plus au mélomane petit bourgeois que l’on s’adresse, mais au philologue : comme à l’époque, on joue la version originale avec textes parlés, l’orchestre est tourné vers la scène - ce qui fait que François-Xavier Roth dirige face au public - et le happy end est conservé, alors que Thomas lui-même a composé une version alternative plus conforme à Goethe. Comme la mise en scène de Jean-Louis Benoit dépoussière la tradition sans la jeter aux orties, comme la direction est alerte et que la distribution frôle le sans faute, cela fonctionne, et ces trois heures de roman feuilleton lyrique passent sans trop se faire sentir. Traité ainsi, ce Mignon d’un autre âge vaut bien des fadaises qui n’ont jamais quitté le répertoire, et l’Opéra Comique honore son cahier de charges. A l’opéra, la nostalgie n’a jamais fini de faire recette.

François Lafon


Ambroise Thomas : Mignon. Avec Marie Lenormand, Ismael Jordi, Malia Bendi-Merad, Nicolas Cavallier. Chœur Accentus, Orchestre Philharmonique de Radio France, François-Xavier Roth (direction), Jean-Louis Benoit (mise en scène). A l’Opéra Comique, Paris, les 12, 14, 16, 18 avril.

Crédit photo : Elisabeth Carecchio

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Massacre, ou l’opéra gratté jusqu’à l’os vendredi 09 avril 2010 à 09h40

 

Pour deux soirs, dans la salle ovale de la Cité de la Musique transformée en théâtre, on joue un opéra du compositeur et organiste autrichien Wolfgang Mitterer, lequel tente à la fois de remonter aux sources du genre et d’en atteindre l’essentiel. Rien que ça ! Cela s’appelle Massacre, avec pour matériau de départ Massacre à Paris, la pièce plus élisabéthaine que nature à laquelle Christopher Marlowe travaillait quand il a lui-même été assassiné. En perdant sa localisation, cette transposition à chaud de la Saint Barthélémy (1593, moins de vingt et un ans après les faits) devient une suite de tableaux intitulés Tuerie, Damnation ou Chagrin. Il y a cinq chanteurs et une danseuse, qui jouent le duc de Guise, le roi de Navarre, Henri III, Catherine de Médicis, ou plutôt leur idée, voire leur spectre, filmé en direct et projeté sur un écran à la manière des débuts du cinéma, quand l’image donnait l’impression de passer à travers les acteurs. Peu d’action, sinon la mort et la souffrance qui la précède, le tout porté par une musique raffiné et bourrée de références, jouée par le Remix Ensemble, et sans cesse bousculée, tordue, exacerbée par une électronique elle-même très travaillée (le spectacle fait partie d’un cycle « Multimédia et temps réel »). Pendant une heure-vingt, on prend dans la figure la matière brute autour de laquelle l’opéra s’est développé : la voix poussé jusqu’à ses limites, le corps magnifié et torturé, la transgression des tabous. Plus longtemps, plus appuyé, ce serait fatiguant, mais ainsi, donné avec une sorte de froideur dans le paroxysme par le metteur en scène Ludovic Lagarde, cela démonte assez bien le mécanisme du théâtre élisabéthain, assez proche de celui de l’opéra, qui consiste à prendre le spectateur par surprise, parfois à le faire rire au milieu de l’horreur, ou à lui faire admettre que les codes de jeu les plus invraisemblables sont ceux qui s’approchent le plus de la vraie vie.

François Lafon

Paris, Cité de la Musique, Salle des concerts, 8 et 9 avril à 20 h.

Crédit photo : © João Messias-Casa da Música 

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Actes Sud marie le son et l’image jeudi 08 avril 2010 à 09h03

 

C’est entendu, le CD vit ses dernières heures. Non seulement les ventes reculent mais surtout la tendance est à la dématérialisation. Grâce à l’iPod et autres baladeurs numériques, on achète (ou l’on pirate) de plus en plus de mp3 et de moins en moins de galettes. Demain, probablement, on paiera un abonnement façon Canal + pour écouter de la musique.
Pourtant, dans le classique, une autre tendance gagne du terrain : le retour du disque bel objet. Ce ne sont pas uniquement les nostalgiques des vinyles et de leurs magnifiques pochettes qui sont les cibles de ce nouveau marché, ce sont aussi ceux pour qui un disque est un objet culturel, et non un objet de consommation jetable. Jordi Savall l’a bien compris et chacun de ses enregistrements pour son propre label discographique, Alia Vox, est accompagné d’un épais livret richement illustré et commenté. Et si Harmonia Mundi résiste mieux à la crise que d’autres éditeurs, c’est non seulement par la qualité de ses interprètes mais aussi par le soin apporté au contenant.
Cela a donné des idées à Actes Sud. Dans son catalogue, on trouve un bon nombre de livres sur la musique. Mais il devient désormais éditeur discographique avec une nouvelle série, « Images en Musique » : un livre de photos plus un disque, sans oublier un texte de présentation. Les deux premiers volumes réussissent pleinement cette complémentarité entre son et images. On peut écouter les pièces pour piano de l’Ecole de Vienne jouées par Jean Louis Steuermann tout en suivant les fantasmagories du photographe Américain Michael Ackermann, maître du grain et du flou, ou bien, à l’opposé, s’éblouir avec l’Ibéria d’Albéniz dans l’interprétation lumineuse de Jean-François Heisser tout en se laissant ensorceler par les images éclatantes d’une Espagne de taureaux et de flamenco signées Isabel Muñoz. Qui a dit qu’il ne restait rien à inventer dans le disque classique ?

Pablo Galonce 
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Avec Angelin Preljocaj et Bruno Mantovani, Siddharta cherche le nirvana samedi 03 avril 2010 à 07h46
Dans son film Rencontres avec des hommes remarquables, sorti en 1979, Peter Brook s’est heurté à un écueil de taille : comment montrer une ascension spirituelle ? C’est le même problème qui s’est posé à Angelin Preljocaj dans son ballet Siddharta à l’Opéra Bastille. Tout en affirmant sa foi en la possibilité du corps dansant d’être à la fois matériel et spirituel, il s’est entouré de solides collaborateurs : le musicien Bruno Mantovani, le plasticien Claude Lévêque, ainsi que le romancier Eric Reinhardt, lequel a fourni l’idée de donner des traits féminins à cet Eveil que le prince Siddharta, dans l’Inde ancienne, doit atteindre pour accéder au statut de Bouddha. Malgré tous ces talents, malgré de belles images, comme cette maison bobwilsonnienne suspendue en l’air et dépourvue d’épaisseur, le public s’enfonce dans la torpeur à mesure que le héros sort de la sienne. Les corps bougent bien, mais on a l’impression que Preljocaj hésite entre narration et abstraction, et que cela le bride : « Heureusement que j’ai lu l’argument avant, » disait une spectatrice à la sortie. La musique s’en sort mieux : Mantovani convoque ses prédécesseurs Stravinsky et Bartok, fait son miel de tous les rythmes et timbres légués par le XXème siècle et en dégage un langage qui n’est qu’à lui. Significativement, c’est quand la musique est le plus inspiré que la danse prend son envol. A moins que ce ne soit le contraire. Peut-être que la direction boulezienne de Susanna Mälkki, la directrice de l’Ensemble Intercontemporain, n’est pas étrangère à cela.
François Lafon

Opéra National de Paris – Bastille, les 2, 4, 6, 7, 9, 11 avril

Crédit photo : Anne Deniau / Opéra national de Paris

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Organum à Blagnac: le rituel de la musique ancienne vendredi 02 avril 2010 à 08h30

Présenter la musique ancienne n’est jamais facile : faut-il se contenter du cadre neutre mais anachronique du concert « classique » ou essayer de recréer l’atmosphère dans laquelle pour laquelle ces œuvres ont été pensées ? Pour Marcel Pèrés seule une mise en contexte peut donner toute sa force à un Requiem de la Renaissance. Aux Rencontres des Musiques anciennes de Blagnac, à deux pas de Toulouse, le fondateur de l’Ensemble Organum propose, mieux qu’une mise en scène, un vrai rituel. Les membres de l’Ensemble (pas d’habit, mais un sobre costume noir) arrivent en procession dans l’église de Blagnac non pas pour se mettre face au public, mais pour lui tourner le dos et offrir leur visage à l’autel. Comme les chantres des chapelles médiévales, ils lèvent tous la tête vers le codex (avec la notation d’époque) posé sur le lutrin et lu presque à la lumière des cierges allumés un peu partout. En officiant plus qu’en chef, Marcel Pérès tourne lui-même les gigantesques pages et n’hésite pas à faire la lecture des Evangiles psalmodiant en latin le texte. Seul détail incongru, la présence de quatre sopranos, pas vraiment les bienvenues dans les chapelles médiévales. Du coup, on n’est plus au concert, on est vraiment à l’office pour entendre le Requiem d’Antonius Divitis, alias Antoine Le Riche, compositeur flamand (vers1475-vers 1530) quasiment oublié, qui a trouvé avec Marcel Pérès son champion. Rien n’est fait pour faire briller l’art des chanteurs, pardon, des chantres, qui avec leur intonation nasillarde et rauque font plutôt penser à un ensemble corse (de fait la moitié des membres d’Organum ont été recrutés sur l’île) mais tout pour recréer l’atmosphère d’une chapelle médiévale. La musique de Divitis, elle, se déploie avec une superbe grandeur, mais le vrai miracle de cette célébration se produit quand, en fin de programme, on entend les premières notes de la Déploration sur la mort d’Ockeghem de Josquin Desprez et les voix se libèrent enfin pour ce pur chef d’œuvre.

Pablo Galonce
Blagnac, le 22 mars. www.odyssud.com 
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Treemonisha au Châtelet : ragtime et lendemains qui chantent jeudi 01 avril 2010 à 16h11

Au Châtelet, escalade dans l’éducation du public français au répertoire américain. Après La Mélodie du bonheur (facile) et A Little Nigt Music (déjà plus élitiste), voici Treemonisha. Le titre n’est pas vendeur, et seul le nom du compositeur, Scott Joplin, éveille un quelconque souvenir, où se mélangent ragtime et BO du film L’Arnaque. Il s’agit en fait du premier opéra noir (1911, vingt-trois ans avant Porgy and Bess de Gershwin), un OVNI lyrique monté une seule fois – et dans des conditions semi-amateurs – du vivant de Joplin, et oublié jusqu’en 1972. Pour donner ses chances à l’ouvrage, qui n’a bien sûr jamais été donné en France, quelques noms à l’affiche : Willard White (le Wotan de Simon Rattle à Aix-en-Provence), Grace Bumbry (soixante-treize ans et toute sa voix), et la chorégraphe Bianca Li, secondée par le plasticien et dramaturge Roland Roure. Le livret est mal ficelé, la musique oscille entre ragtime forcené et opéra italien balayé par le vent des champs de coton, et le propos a vieilli, puisqu’il s’agit de montrer à la communauté noire à peine sortie de l’esclavage que c’est dans l’éducation (personnifiée par une enfant trouvée, choyée par des noirs mais instruite par une institutrice blanche) que réside l’espoir de lendemains qui chantent. Comme l’impression d’assister à un proto-opéra est accentuée par l’aspect BD du spectacle, on peut n’en retenir que le côté entertainment (Ah, ces noirs, quel rythme !), et pourtant on sent que c’est quelque chose de beaucoup plus important qui nous est montré là, comme l’obscure prémonition qu’il faudra tout un siècle pour commencer à changer le monde.


François Lafon

Au Châtelet, Paris, les 2, 4, 6, 8 et 9 avril à 20h.

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