Lundi 23 avril 2018
Bohemian Rhapsody
Interprétation élégante et tonique avec un parfum d’Europe Centrale
 
Le même, pas pareil
Gidon Kremer et Oleg Maisenberg
Deux

Imprévisible Patricia Kopatchinskaya qui, après des collaborations souvent fructueuses avec Fazil Say, Markus Hinterhäuser, Peter Eötvös, Vladimir Jurowski ou Teodor Currentzis, se joint à la pianiste saint-pétersbourgeoise Polina Leschenko (adoubée par Martha Argerich, excusez du peu…) pour un album au parfum d’Europe Centrale. Féérique, virtuose et parodique, Tzigane de Ravel culmine au firmament avec un violon d’une telle liberté – plus ressenti et bohème qu’une première version de la violoniste morave, avec cymbalum (Naïve). Il aura fallu attendre ces deux interprètes pour profiter de toutes les richesses que Poulenc a investies dans sa Sonate, notamment ce jeu égal entre les deux instruments, cette âpreté (clin d’œil à Prokofiev ?) et cette pure magie d’une écriture où gaieté et tragédie se confondent dans une partition créée dans le Paris de l’Occupation, et dédiée à la mémoire de Garcia Lorca. Autre chef-d’œuvre, la Sonate n° 2 de Bartok cultive l’indépendance du violon et du piano : deux monstres s’affrontent dans une danse sacrale aussi impétueuse qu’élégante – recréée comme au premier jour dans cette interprétation tonique.   
Franck Mallet

Poulenc : Sonate, FP119 - Delibes-Dohnanyi : Coppélia, valse - Bartok : Sonate n° 2, Sz.76 - Ravel : Tzigane
Patricia Kopatchinskaja (violon), Polina Leschenko (piano)
1 CD Alpha 387 (distr. Outhere)
53 min

mis en ligne le mercredi 4 avril 2018

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