Samedi 16 décembre 2017
Concerts & dépendances
mercredi 9 décembre 2015 à 00h12

A l’Opéra Bastille, troisième nouveau spectacle de la saison : La Damnation de Faust de Berlioz. Sold out depuis des mois : ouvrage populaire (après Schoenberg et Bartok - voir ici et ici), cast introuvable (Jonas Kaufmann, Bryn Terfel, Sophie Koch). Bronca à la fin pourtant, et même en cours de représentation : en assimilant le voyage infernal de Faust à l’émigration sur Mars, seul issue pour l’humanité selon le savant Stephen Hawking (auteur du best seller Une brève histoire du temps), le metteur en scène Alvis Hermanis, connu entre autres pour d’impressionnants Soldaten (Zimmermann) à Salzbourg (DVD EuroArts), ne remporte pas la mise : vidéos redondantes (entre 2001 l’Odyssée de l’espace et Yann Arthus-Bertrand), chorégraphie ridicule et envahissante (en hommage diabolique à Maurice Béjart, dont La Damnation au Palais Garnier est resté mythique ?), le tout en porte à faux perpétuel avec l’ouvrage, grand rêve romantique où le théâtre est davantage dans l’orchestre que dans l’action. Décalage moins explicable dans la direction de Philippe Jordan, assez lente et lourde, juxtaposant les épisodes sans trouver le rythme ni le ton. Restent les chanteurs, errant au milieu des choristes (excellents) transformés en laborantins de l’espace, mais faisant assaut d’aisance et de raffinement (Ah, l’ "Invocation à la Nature" par Kauffmann, la Sérénade de Méphisto par Terfel !), et même de courage lorsque Sophie Koch parvient à sublimer « D’amour l’ardente flamme » sur fond d’escargots de Bourgogne copulant en plan rapproché.

François Lafon

Opéra National de Paris Bastille jusqu’au 29 décembre. En direct le 17 décembre dans les salles UGC, en différé sur Mezzo et Mezzo Live HD le 24 décembre, et ultérieurement sur France 3. Disponible sur Culture Box à partir du 18 décembre. Photo © Felipe Sanguinetti / Opéra de Paris