Samedi 16 décembre 2017
Concerts & dépendances
samedi 24 août 2013 à 09h09

20ème Festival Berlioz à La Côte-Saint-André : première tentative, avec Béatrice et Bénédict, d'opéra mis en scène au théâtre éphémère (et couvert) du château Louis XI. Restaurant de plein air, public assez chic, atmosphère feutrée, assez éloignée des réjouissances telluriques de la fonte des cloches (voir ici). Mis en scène n'est pas vraiment le terme : mise en espace place plutôt par Lilo Baur, disciple de Peter Brook, de cet ouvrage comico-mélancolique fragmentairement inspiré de la comédie de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien. Choeurs enthousiastes, bons solistes emmenés par la mezzo Isabelle Druet (Béatrice), dispensés des dialogues parlés par un récitant dont la présence accentue l'aspect oratorio de l'ensemble. La vedette de la soirée, qui occupe l'essentiel du plateau, est le Jeune Orchestre européen Hector Berlioz, émanation de l'Académie du festival, et dirigé avec entrain par François-Xavier Roth. Pas mal vu : dans cet ovni scénique composé sur le tard, Berlioz dynamite une fois encore les codes de l'opéra, et se délecte à donner aux musiciens ce qui revient aux chanteurs (et vice-versa). L'après-midi dans l'austère église où a été baptisé Berlioz, début de l'intégrale en neuf concerts des Sonates pour piano de Beethoven, où François-Frédéric Guy fait mentir sa réputation de ne s'intéresser vraiment qu'aux oeuvres les plus ardues. Aux (encore) classiques trois premières Sonates, il confère désormais une dimension qui est la marque des très grands. Là aussi nous sommes loin de la fonte des cloches. Quoique...

François Lafon

vendredi 23 août 2013 à 09h52

Au château de Bressieux (Isère), dans le cadre du festival Hector Berlioz, "Grande Ouverture festive et fonte traditionnelle de cloches". Atmosphère de rituel médiéval sur fond de ruines illuminées, grondement du feu jaillissant de terre, ballet des fondeurs masqués coulant le métal dans le brasier, lueurs méphistophéliques dans la nuit. Les deux cloches (320 et 600kg) du Dies Irae de la Symphonie Fantastique seront démoulées dimanche à midi : après l'oeuvre au noir, l'oeuvre au blanc. Toute la soirée sur le site : musiques et danses traditionnelles, artisans en action (rémouleurs, scieurs de long, fabricants de cordes), jeux d'adresse d'un autre temps (grenouille, passe-boule). Selon Bruno Messina, ethnomusicologue et directeur du festival, Berlioz n'a pas rejeté autant qu'il s'est plu à le répéter sa ville natale de La Côte-Saint-André, et sa musique tout entière témoigne de la nostalgie des sons et des couleurs de sa jeunesse, de même que la Fantastique porte la marque de M. Berlioz père, médecin respecté mais opiomane et un peu sorcier, pratiquant l'acuponcture en un temps où cela ne se faisait pas. Les cloches fondues ce soir seront paraît-il telles que les a rêvées Berlioz (mais accordées au diapason moderne), davantage que les cloches tubulaires ou les pianos (!) généralement utilisés, davantage même que celles détenues - et données comme authentiques - par l'Orchestre Colonne ou que celles fondues à Strasbourg et inaugurées par l'Orchestre Les Siècles ... au festival Berlioz 2009. Samedi 24 août, Leonard Slatkin dirige la Symphonie Fantastique avec l'Orchestre de Lyon au château Louis XI de La Côte-Saint-André. La veille du démoulage donc. Les cloches de Bressieux feront leurs débuts avec l'Ensemble Le Balcon le 1er septembre. Ellesont l'éternité devant elles.

François Lafon