Dimanche 19 novembre 2017
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Quatuor Voce : Bartok et Janacek au cabaret
mercredi 1 mars 2017 à 00h10
« Pour fêter la sortie de son nouveau CD Lettres intimes (label Alpha), le Quatuor Voce s’installe au Cabaret Sauvage ». Explication :  les Voce, treize ans d’âge et un répertoire éclectique, ont leur part dans le coup de jeune qu’a connu le quatuor à cordes – français en particulier – ces dernières décennies. Le Cabaret Sauvage, chapiteau rouge et boiseries modern style planté dans le parc de la Villette entre la Cité des sciences et la Philharmonie de Paris, est en effet un lieu où l’on s’installe, où l’on boit, parle et se promène, où l’on écoute surtout toutes sortes de musiques. Plus qu’à un showcase (événement publicitaire destiné, quelques tubes aidant, à lancer un album), c’est à un véritable concert - d’ailleurs payant - qu’est convié le vrai public. Une formule décidément à la mode (Harmonia Mundi en a lancé une série à l’automne dernier), visant – marketing mis à part - à désenclaver la « grande » musique. Grands mais peu habitués à un tel cadre les quatuors de Janacek (n° 2 « Lettres intimes ») et Bartok (le 1er), agrémentés (si l’on peut dire) de pièces courtes d’Erwin Schulhoff, compositeur pragois mort en déportation. Cela marche pourtant : sur scène (Janacek) ou sur la piste (Bartok), avec lumières savamment modulées et lettres enflammées de Janacek projetées sur écran, les Voce jouent la rudesse et la dépression, mettant sans excès l’accent sur l’essentiel parfum de terroir(s) propre aux deux compositeurs, enchaînant en bis sur des Piazzolla chaloupés (un autre terroir) avec danseurs de tango et le formidable accordéoniste-bandonéoniste Pierre Cussac. Salle comble, public un peu plus que Zénith mais pas tout à fait Philharmonie et encore moins salle Gaveau. Objectif atteint, donc. 
François Lafon
Lettres intimes, Quatuor Voce, un CD Alpha. Chronique à venir sur Musikzen