Dimanche 22 avril 2018
Concerts & dépendances
Nicholas Angelich et les Empereurs
jeudi 16 février 2012 à 00h12

Nicholas Angelich joue le Concerto « L’Empereur » de Beethoven avec l’Orchestre de Paris. Il est le quinzième pianiste à le jouer depuis son entrée au répertoire de l’Orchestre en 1969. Il y a eu avant lui Arthur Rubinstein, Claudio Arrau, Zoltan Kocsis, Daniel Barenboim, Clifford Curzon, Alfred Brendel, Rau Lupu, Krystian Zimerman, Nikolaï Lugansky et quelques autres. Rubinstein collectionnait les fausses notes, mais justifiait le sous-titre « L’Empereur », Arrau avait l’air de ne pas écouter l’orchestre et déployait une mélodie infinie, Kocsis violentait la partition pour lui faire avouer l’inavouable, Brendel questionnait l’œuvre comme Brecht un texte, Lupu se contentait de quelques moments de pur génie, Zimerman couvrait la partition d’un très personnel palimpseste. Angelich, dès sa première phrase, décolle de l’Orchestre dirigé sans grâce particulière par le jeune chef Juraj Valcuha. Son premier mouvement est tout en fines ruptures, son Adagio coule de source, son Rondo libère des réserves de formule 1. L’ensemble est olympien et très intime à la fois. Il n’a en tout cas rien à envier à ses quatorze prédécesseurs.

François Lafon

Salle Pleyel, Paris, les 15 et 16 février.