Lundi 23 avril 2018
A la porte du paradis
Daniel Harding face à la colossale 9ème Symphonie de Mahler
 
Le même, pas pareil
L. Bernstein,
paradis gagné
Symphonie n° 9

Retour à la musique « pure » (après Le Chant de la terre) mais œuvre « parlante »  (« Tout le premier mouvement est imprégné des signes avant-coureurs de la mort », disait Alban Berg), monument orchestral mais ton de confidence, coup de chapeau formel mais construction particulière (deux adagios encadrant deux mouvements animés) : la 9ème Symphonie de Mahler oblige l’interprète au grand écart et exacerbe les personnalités - Bruno Walter déjà dans les étoiles face à Otto Klemperer en statue du Commandeur, Leonard Bernstein gagnant douloureusement son paradis face à Carlo Maria Giulini en montrant prophétiquement le chemin, etc. De Daniel Harding, longtemps dans le sillage de ses maîtres - ô combien mahlériens - Claudio Abbado et Simon Rattle, on attend qu’il étonne à défaut d’émouvoir. Premier mouvement assez sage et dernier exacerbant le conflit intérieur plutôt que versant dans la sensiblerie, 2ème pris assez lentement, accentuant la rusticité du Ländler et 3ème (Rondo. Burleske) frénétique et grinçant comme il se doit, sans pourtant rivaliser avec le jusqu’au-boutisme contrôlé d’un Bernstein, le tout conditionné par la relative sécheresse de son chère à Harding et limité par la difficulté du très bon Orchestre de la Radio Suédoise (beaux solistes) dont il est le directeur musical à se mesurer aux illustres phalanges qui ont enregistré l’œuvre. Discographie inchangée donc (voir plus haut).  
François Lafon

Symphonie n° 9 en ré majeur
Orchestre Symphonique de la Radio Suédoise
Direction musicale : Daniel Harding
1 CD Harmonia Mundi HMM 902 258
1 h 23 min

mis en ligne le samedi 14 avril 2018

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